Kuhtaï, ça caille et ça taille …

22 décembre 2009

Arrivé à Kuhtaï, dans un superbe hôtel, j’ai eu quelques jours pour me vider la tête et oublier toutes ces mauvaises performances de Pitztal. Une journée de ski en libre, à sauter les bosses et m’amuser avec les potes, ainsi que deux entraînements m’ont complètement changés les idées et remis sur de bons rails pour les trois épreuves qui m’attendaient.

Je retrouve avec grand plaisir les gros calibres de l’équipe qui n’avaient pas eu envie de se cailler sur le glacier de Pitztal, à savoir Jean-Yves et Vincent, mes colocataires du jour, le sur-motivé Yohan, le coach Chouchou et les deux jeunettes du groupe : Marie et Sosso. Certes ils auront éviter le froid de Pitztal mais il ne seront pas passé au travers de celui de Kuhtaï : on a frôlé les – 30° pendant les 3 jours de compétition.

Bien évidemment, il n’y a pas que chez les français que les « costauds » se sont déplacés (on retrouve les meilleures japonais, autrichiens, allemands, etc …) Il ne manque plus que quelques américains et quelques canadiens pour se croire sur des coupes du monde.

Depuis notre arrivée, la piste de la course est fermée. C’est un balai incessant de chasse-neiges qui tassent encore et encore une quantité de neige incroyable, crachée par les canons pour durcir la piste.

  • Premier jour : slalom emoticone

Comme à mon habitude, je pars super motivé au départ du slalom (avec le dossard 130 !) et pendant la première manche, je sors trois fois du tracé et trois fois je repars, puisque je savais que de toute façon je ne risquais pas de gêner le coureur suivant (forcément c’est moi qui fermais la marche). Je ne tombe plus … C’est déjà un progrès. Mais je me rends compte que plus le temps passe et plus je commence à prendre plaisir à prendre des piquets dans la gueule … Reste plus qu’à travailler encore et encore pour arriver en bas des tracés.

Ce jour là, Vincent gagne chez les debouts (et prend par la même occasion son billet pour Vancouver) et Marie prend la troisième place mais avec trop de points pour gagner le précieux sésame.

  • Deuxième jour : le géant emoticone

Avec le dossard 50, je fais la reco. de la première manche avec mon pote Yohan qui sait très bien décortiquer un tracé et pointer du doigt les difficultés. Je me sens plutôt détendu malgré les enjeux (je vous rappelle que si je ne fais pas un résultat en dessous de 70 points, la saison est quasi terminée pour moi car je ne pourrai pas aller faire les coupes du monde en janvier). Après avoir bien écouté les conseils qui remontent au départ grâce à Greg et à Pierre, je m’élance dans le tracé, avec un esprit conquérant mais suffisamment lucide pour savoir où  il faudra lever le pied.

Les portes s’enchaînent à une vitesse surprenante et avant que j’ai le temps de m’en rendre compte, je suis déjà dans le mur d’arrivée. Je passe la ligne et en regardant les visages de Marie, Sosso et Delphine, je me dis que j’ai fais du bon boulot.

Je suis 5ème de la première manche, derrière un coréen, notre capitaine, Môssieur Le Meur, un anglais et un autrichien.

Après m’être un peu réchauffé dans la tente prévue à cet effet (où Jean-Yves fera fondre son casque bien sûr …), en remontant dans mon bob, j’entends Pierre Bott à la radio : « bon, demain, le super G est annulé et il est remplacé par un autre slalom. Mais ne le dites pas trop … Par exemple, à Loulou, qui pourrait se mettre la pression… »

Super ! Ce sera donc aujourd’hui ou pas du tout

 Bizarrement, je remonte au départ complètement serein et détendu. A aucun moment je ne me poserai la question de savoir si je devais assurer et arriver en bas pour marquer mes fameux 70 points ou bien si je repartais en skiant fort pour essayer de faire une belle place.

Je travaille ma respiration. Je fais et refais mentalement le tracé de la seconde manche que je viens de reconnaître puis arrive mon tour. Je m’élance.

Comme pour la 1ère manche, je ne vois pas passer la minute de course, et avant de m’en rendre compte, je suis dans la raquette d’arrivée…Les filles m’annoncent que pour l’instant je suis premier et donc, qu’au pire, je terminerai 5ème. Je regarde descendre les 4 concurrents qui m’avaient devancé lors de la première manche. Ils arrivent tous en bas.

Puis là, tous s’emballe … Je crois comprendre que j’ai gagné une ou deux places… Mais si c’est vrai … ça voudrait dire… que je suis sur le podium…. Je préfère ne pas y penser et attendre patiemment aux côtés de Jean-Yves qui me félicite pour ma course.

Finalement, malgré mon incrédulité, on m’annonce que je termine troisième derrière Jean-Yves qui gagne juste devant le coréen qui sauve les meubles…Mon premier podium international… Je peux dire que j’ai savouré chaque seconde.

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Je retourne à l’hôtel avec un sourire béat sur le visage et des images plein la tête (les visages des copains pendant la remise des prix, les yeux de Greg, tout embués, qui me prend dans ses bras à l’arrivée, les accolades de Jean-Yves sur le podium et également, bien sûr, la feuille de résultat avec mes 32.57 points…)

Aujourd’hui j’ai rempli mon contrat et j’ai fait un grand pas vers une hypothétique sélection pour les jeux. Jean-Yves quant à lui remporte une belle course, mais surtout son passeport pour Vancouver… Et de deux !

Aujourd’hui le Scarver Dual de Pierre Tessier a frappé un grand coup et j’ai pu démontrer qu’avec deux skis, on pouvait réaliser de superbes choses. Certains coureurs commencent déjà à regarder cet étrange « engin » différemment.

  •  Le dernier jour, ce sera donc un slalom.

Un miracle aura bien lieu : je termine la 1ère manche à la 18ème place … Mais, hélas, complètement tétanisé par le froid polaire en attendant mon départ, je sors dès la première triple de la seconde manche… Classique.

Parmi mes camarades, Marie gagne à la fois le slalom et son ticket pour les jeux (Et de trois !) Yohan réalise une excellente 4ème place et enfin, Nathalie réalise une belle course et fait ses points pour participer aux coupes du monde de janvier.

Dans la foulée, vite, on se change, à l’arrache, dans le hall de l’hôtel puis on (en fait Greg et Chouchou) embarque les affaires (en oubliant mes lunettes de vue au passage) et s’est parti pour plus de 15 heures de route avec Delphine, Solène, Greg et Chouchou… Ce fut long, trop loooooooong !

Mais bon, aujourd’hui,  je pense que je vais pouvoir passer de bonnes fêtes aux cotés de ma chérie et de ma famille tout en gardant en tête  que, juste après,  je reviendrai en Autriche pour y disputer deux coupes du monde, mais surtout, qui sait, peut être une place sur la liste pour Vancouver. A suivre …

Pitztal 2009 ou premiers ratages de la saison.

21 décembre 2009

Comme l’an passé, la saison commence par un passage sur le glacier de Pitztal, la station de Benjamin Raich, l’enfant du pays.

Cette étape est souvent délaissée par les vieux briscards qui savent bien que trop souvent on en revient blasé : pas de résultat (trop peu de pente pour faire une perf pour un 12.1), beaucoup trop froid, trajet trop long … « Shit-ztal » comme l’appelle notre capitaine.

Et bien cette année, pour moi, on peut dire que j’aurais mieux fait de rester au chaud, aux côtés de ma petite femme.

Au programme pourtant trois géants et un super-G sur une neige très poudreuse. (Pas de slalom car la piste marquait beaucoup trop emoticone)

  • Premier géant : un p’tit tour et puis s’en va.

Lors du départ, un brouillard givrant est venu perturber la course. Le genre de brouillard qui, après trois ou quatre portes, vous empêche de voir la porte suivante… Et bien, on peut pas dire que ça m’ait beaucoup perturbé puisque j’ai eu l’excellente idée d’enfourcher la troisième porte (ce qui est assez rare en géant !). Et d’un !

  • Second géant :  mieux mais c’est pas encore ça !

Après une première manche relativement correcte à la vue des conditions de neige et de visibilité, les responsables de la course ont décidé d’annuler la seconde manche à cause du temps et du fait qu’ils n’avaient aucun moyen d’évacuer un coureur en hélico si c’était nécessaire. Retour à l’hôtel bredouille et toujours pas ma perf en dessous des 70 points …

  • Troisième géant : et on remet ça !

Pour la première manche, c’est notre entraîneur P. BOTT qui a tracé. Une manche bien ouverte, assez rapide dans laquelle il doit y avoir moyen de bien s’amuser … Sauf que … j’enfourche à nouveau une porte juste après avoir passé le coach.

Bon, là je commence franchement à me prendre la tête…emoticone Trois courses et toujours pas ma perf sous les 70 points qui me permettrait de poursuivre en janvier ma saison en coupe du monde

Retour à l’hôtel le moral dans les chaussettes.

  • Dernière chance : le super G

Là, il n’y a qu’une manche alors il suffit juste d’arriver proprement en bas et normalement ça devrait le faire. Sauf que pour arriver proprement en bas, il faut commencer par partir proprement. Dés les premières portes je ne suis pas dans le tempo. Je suis en retard et j’entame le plat avec une très grosse faute, ce qui me prive de toute ma vitesse. Je me dis alors que de toute façon c’est mort. Autant s’amuser un peu. Plus aucune pression. Je skie beaucoup mieux sur la seconde moitié du tracer et pour la première fois cette saison, je passe la ligne d’arrivée. A ma grande surprise, je termine 10ème de l’épreuve à « seulement » 4.50 secondes de l’indétrônable Martin Braxinthaler et à une demi seconde de mon pote Fréd.

Je me dis qu’à 4,50 secondes du premier, y’a de bonnes chances que je fasse mes 70 points. Les gens autour me rassurent en me disant que je fais « LARGEMENT » moins.

Au bout de quelques heures, je parviens a attraper une des premières feuilles de résultats au vol et, sur la même ligne que mon nom, j’aperçois « 66,52 pts« .

C’est mort.

Pour ceux qui ne savent pas, les points qui sont affichés sont les points sans la pénalité. Il faut donc rajouter environ 10 points en coupe d’Europe. Je marque 76.52 points et je rate ma qualification pour les coupes du monde de 6,52 points…

Grosse claque et gros retour sur terre

Dans la foulée, il nous faut reprendre la route direction Kuhtaï, pour la deuxième coupe d’Europe avec un géant et un super G durant lesquels il faudra que je marque à tout prix moins de 70 points sous peine de voir ma saison se terminer plus que prématurément.

Dans le camion, je commence à me poser tout un tas de questions … J’en viens même à envisager sérieusement de faire une pause en slalom et de participer en février aux X-Games à Aspen (Colorado) où se déroule chaque année une épreuve de ski-cross avec des bobs. « Pourquoi pas ? »

De tout le groupe « collectif national » de l’équipe de France, nous ne sommes plus que deux à ne pas encore avoir fait nos points : Nathalie et moi.

J’avoue qu’à ce moment, je commençais à être « un peu » défaitiste »

Après six semaines … quel plaisir de rentrer à la maison.

1 décembre 2009

Me voilà de retour dans mes chères Pyrénées, aux côtés de ma douce et tendre compagne.

Après six semaines de ski sur le glacier de Tîgnes que l’on a vu évoluer au fur et à mesure du temps qui passait (des périodes de glace vive qui ont précédé longtemps des périodes de grosse poudreuse), je crois que je suis sur de bons rails pour attaquer cette saison qui s’annonce riche en émotions.

Lors de ces six semaines, nous avons eu droit à quelques moments mémorables comme :

  • une grosse journée de poudreuse sur le glacier (avec Greg à la caméra et Fred qui a pu tester son ski de freeride) dont vous pouvez voir les meilleurs moments sur cette petite vidéo sympa.

Image de prévisualisation YouTube

  • une grosse frayeur lors d’une collision avec une jeune skieuse étrangère qui me percute et me coupe avec son ski au niveau du bras droit. Bilan : beaucoup de sang et dix points de suture mais un médecin confiant qui m’engueulera pour ne pas avoir été skier le lendemain… On n’est pas des machines non plus. Je sais que les pyrénéens sont costauds mais là, faut pas pousser … J’attendrai le surlendemain !

 

  • une évacuation en dameuse lors d’une tempête qui nous est tombée dessus en cinq minutes. C’est dans ces moments qu‘on comprend comment certaines personnes peuvent mourir de froid, perdu dans le brouillard. Heureusement les pisteurs de Tîgnes ont vraiment été performants car nous étions un bon paquet à devoir être évacué dont beaucoup de très jeunes enfants du club de Tîgnes. Nos barbes avaient tellement gelé qu‘il me semblait voir des images d’expéditions polaires en regardant Frédo dont le visage était pris dans un masque de glace…Quelle frayeur encore ! (Merci Greg pour nous avoir sorti de ce mer….)

 

  • un pari stupide de qui se laissera pousser le plus longtemps les moustaches … « Village people style » (que voulez-vous ? Parfois on s’ennuie et on s’amuse comme on peut… avec une tondeuse par exemple.)

 

  • Des moments plus douloureux comme lorsque notre ami Denis Barbet, un autre coureur assis de l’équipe, qui, à la fin d’un entraînement, a chuté très lourdement et s’est rendu compte, après coup, en rentrant à l’hôtel, qu‘il avait le fémur cassé !!! Ou encore la collision d’une jeune skieuse de Font-Romeu contre le solide Landais Nicolas Berejny qui fut évacuée en hélicoptère et dont on a épisodiquement quelques nouvelles (pas toujours rassurantes). Une grosse pensée va à sa famille qui doit passer des moments terribles.

Maintenant la phase de préparation est terminée.

Sur le plan technique, physique et même mental je crois que j’ai fait mon maximum pour les courses qui vont bientôt commencer (merci Marie, notre jolie sophrologue qui nous a initié et nous a fait aimer la respiration en accordéon ou bien celle à trois étages…). Après ces six semaines, je n’aurai rien à me reprocher sur ma préparation.

Premier objectif : faire une course à moins de 70 points pendant les deux premières coupes d’Europe qui se déroulent comme l’an passé en Autriche.

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Une nouvelle saison … pas comme les autres.

12 septembre 2009

Ça y est les stages d’automne approchent.

Grâce à la compréhension et l’accord de Mr le recteur de l’Académie de Bordeaux et à ma charmante remplaçante, Mle Lacoste, je vais pouvoir continuer mon aventure pour tenter de décrocher le Saint Graal … une sélection pour les jeux paralympiques de Vancouver.
Après une longue hésitation ainsi que de longues et difficiles tractations avec ma compagne, j’ai décidé de rester m’entraîner six semaines sur le glacier, entre les stages, plutôt que de faire des aller-retour incessants entre Pau et Tîgnes.

Mon pote Fred François, tout aussi motivé que moi, s’est également décidé à partager mon quotidien pendant cette longue période qui risque de paraître interminable, surtout sur la fin je suppose…

Notre sherpa préféré de Font Romeu, Greg Nouhaud, viendra également en renfort pour les quatre dernières semaines.

J’espère que les conditions sur le glacier seront bonnes et que je pourrai parvenir à dompter ce nouveau Scarver-Dual.

Molines en Queyras … Un secret à partager !

4 mai 2009

Une semaine après mon retour du Canada, me voilà reparti avec Chouchou et sa jolie Julie dans le Queyras (dans les Alpes Françaises pour tous ceux qui ne connaissent pas) pour se disputer entre copains, les titres de « champion de France« .

C’est également l’occasion de revoir avec beaucoup de plaisir des visages que j’avais l’habitude de croiser sur le peu de coupes de France que j’ai eu l’occasion de faire il y a deux ans.

Chez les fauteuils, tous les membres de l’équipes sont là, excepté Yohan, qui, après avoir fait le tour du monde (Corée puis Canada), avait besoin de souffler un peu.

Molines est une petite station qui me fait penser énormément à Artouste pour les Pyrénéens qui connaissent : c’est assez petit mais en même temps, ça a un charme particulier. Les paysages sont magnifiques et on a l’impression que la station nous a été réservée…

  • Premier jour : super G

C’est sur une piste que je n’avais encore jamais skié et sur une neige vraiment béton que va se dérouler le super G.

On sent bien que Jean-Yves est venu faire le mercenaire et espère glaner quelques points afin de pouvoir faire les coupes du monde de super combiné l’an prochain.

Sur un autre type de neige, ça aurait été un vrai plaisir de skier ce beau super G mais la glace à refroidi les ardeurs de pas mal de coureurs…

Il est grand temps de prendre le départ …

Après un passage sur la retenue pour ne pas me mettre dans le décors (certe très beau), je termine tranquillement et en m’approchant du tableau d’affichage des temps, on me signifie que pour le moment je suis en tête. Mais il reste encore à passer Fred, Cyril et Jean-Yves.
On a bien senti que eux non plus n’avaient pas envie de se blesser et ont bien assuré (surtout pour prendre les quelques points qu’il manquait à Jean-Yves) mais ils terminent derrière moi, parfois que de quelques dixièmes….

J’ai eu très chaud aux fesses car Cyril était tout prés de me ravir la première place.

C’est donc avec une fierté, somme toute modérée bien sûr, que je remporte ma toute première médaille de champion de France de super G.

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  •  Le géant : la course la plus serrée...

Pour cette course j’avais l’immense privilège de pouvoir skier le tout nouveau châssis de l’entreprise Tessier : le scarver Dual.

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Une bête de course qui ne demande qu’à prendre de l’angle et encore plus d’angle… Un vrai jouet. Mais attention, la bête peut parfois être capricieuse et on peut facilement se faire jeter sur une courbe un peu trop engagée.

Je l’avait essayé la veille et comme j’avais eu de super sensations, j’avais pris le pari de faire le géant avec.

La première manche s’est pas trop mal déroulée, même si je me suis un peu dégonflé dans le mur, où j’ai pas mal dérapé. A l’arrivée, je suis deuxième derrière « l’indétrônable » Jean-Yves et juste devant Cyril et Fred. La seconde manche s’annonce donc palpitante.

Chouchou qui était là en tant que touriste et plus du tout d’entraineur m’a tout de même conseillé d’engager beaucoup plus dans le mur si je voulais garder ma place.

Du coup j’arrive au départ de la seconde manche, remonté à bloc, prêt à coller au c.. de Jean-Yves et peut être le pousser à la faute. Il faut savoir que coupe de France ou coupe du monde, pour Jean-Yves l’intensité est la même : toujours à bloc.

Je réalise une très belle manche avec un Scarver qui réagit au quart de tour… Le mur est bien mieux mais c’est surtout sur la partie « plate » que je prends beaucoup de vitesse.

Arrivé en bas, on me dit que je suis premier devant Jean-Yves … Je crois d’abord à une blague puis je le vois qui me salue et hausse les épaules l’air de dire « j’ai joué et je me suis mis au tas« .

J’attends l’arrivée de Cyril et Fred mais le résultat ne changera pas.

Je remporte mon deuxième titre de champion de France, cette fois ci en géant donc, au grand étonnement de Chouchou et Julie, contents que je sois arrivé en bas. Le pauvre Jean-Yves était tout déboussolé, ne sachant pas où se placer sur le podium car il avoua plus tard qu’il ne savait pas à quoi ressemblait un « 2″.

Quand au slalom et bien je félicite dans l’ordre le vice-champion du monde Jean-Yves Le Meur qui remporte le titre suivi de Cyril puis de Fredo. Moi j’en suis encore à me satisfaire d’avoir fini une manche sur les deux … Y’a du boulot.

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Au final, je sors donc de ces championnats de France ravi pour mes deux titres et surtout content de montrer à Jean-Yves qu’il n’a plus le droit de tomber puis se relever, s’enlever la neige, se recoiffer, …. sous peine de perdre sa première place.

Je repars également très content d’avoir revu certains copains que je croise que trop rarement…

A l’année prochaine Molines … surement.

 

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Super G … pas vraiment géant.

14 avril 2009
  • Le super G

Grâce à la descente, je crois pouvoir dire que je connais vraiment bien la piste désormais, mais le super G est vraiment une discipline particulière. Une discipline d’instinct.

Le traceur s’est vraiment fait plaisir en utilisant un maximum les changements de terrain que la piste lui proposait.On a droit à une seule reconnaissance et il faudra s’élancer dans un tracer où la moindre erreur se payera cash.

Depuis le départ on a une vision vertigineuse des premières portes. Beaucoup de pente pour les trois premières.

Je suis encore bluffé par le niveau des filles qui ne cesse de m’étonner à chaque course, spécialement en vitesse. Certes leur piste est un vrai billard mais qu’est ce qu’elles engagent ! D’ailleurs, parfois, on se félicite entre nous d’être devant les filles et ça se joue très souvent à pas beaucoup.

Puis viennent les départs des  premiers garçons assis.

Les japonais sont toujours aussi impressionnants mais d’autres coureurs ont vraiment un trés gros niveau : deux ou trois canadiens et coréens, quelques américains et un ou deux européens.

Mon dossard est annoncé … Je m’avance vers le portillon. J’essaie de me remémorer toutes les portes du tracer mais certaines zones sont un peu floues…

Je m’élance et très rapidement je prends beaucoup de vitesse ce qui m’oblige à faire un gros travers à la troisième porte qui tournait beaucoup. Je rentre dans le premier mur et là je me rends compte que je ne suis pas du tout dans le rythme et dans la trajectoire. J’aperçois très haut une flamme rouge. Je me jette pour aller chercher cette porte mais la limite de mon bob est atteint et la coque touche la neige. Pam ! Dans les filets !
Pas de mal mais quelle déception ! Le tracer était vraiment beau et je n’aurai passé qu’une dizaine de portes …

Je me place un peu plus loin sur le tracer pour admirer les autres coureurs et les copains, avec un gros pincement au coeur en me disant que j’avais fait tout ce chemin pour 3 courses et je venais d’en vendanger une …

Pas de français dans les dix premiers … Il y aura des jours meilleurs …

  •  Le slalom géant :

Le tracer est très tournant à première vue et le mur principal est devenu une vraie patinoire.

Vacciné par la mésaventure de la veille je me dis qu’aujourd’hui, il faudra arriver en bas coûte que coûte. J’assurerai donc la première manche et suivant le résultat, on avisera pour la seconde.

Dans un rythme que je qualifierai de « pépère », je passe porte après porte, avec des trajectoires trop rondes et un gros manque d’inspiration et je passe ainsi l’arrivée, sans trop de difficultés.

Mais quelle claque ! Je me retrouve dans les bas fonds du classement avec mes deux acolytes Fred et Cyril…

Qu’est ce qu’il m’est arrivé ? Je savais pourtant que je ne savais pas skier « pépère » ! Qu’est ce qu’il m’ a prit de vouloir assurer ??? Dans ce genre de course, c’est à fond du début à la fin !

Après un bon engueulon de la part des entraîneurs,  je repars pour la seconde manche le couteau entre les dents mais cela ne suffira pas. C’est sûr j’y aurai mis beaucoup plus d’intensité et d’envie, mais j’aurai également fait de grosses fautes que j’ai payé cher à l’arrivée.

Résultat: le groupe français réalise un joli tir groupé en queue de peloton avec Jean-Yves qui trébuche à trois porte de l’arrivée et manque de réaliser une belle perf’ en géant. Il vient compléter ce beau quatuor qui se retrouve, loin, très loin … mais dans la même seconde.

Heureusement, Yo sauvera l’honneur en terminant dans les dix.

        Et bien voilà ! Pour moi les courses sont passées et malgré un résultat très encourageant en descente,  je reste très déçu par tout le reste. Je mesure également le chemin qu’il me reste à parcourir avant de pouvoir rivaliser avec les meilleurs. En rentrant totalement frustré à l’hôtel, je me promets que l’an prochain, si je retourne à Whistler pour les jeux, je serai beaucoup mieux préparé et également beaucoup moins impressionné par mes adversaires.

Le lendemain, pendant que les copains se disputeront le titre de champion du monde de slalom spécial, pour moi ce sera shopping, ballade dans les rues de whistler et puis bagages pour le départ du lendemain matin.

Le soir, un gala de clôture est organisé pour la remise des globes de cristal pour les vainqueurs de la coupe du monde dans chaque discipline. On a pu applaudir avec beaucoup de fierté le jeune et fougueux, Vincent Gautier qui remporte le globe de cristal en slalom et termine second en géant et troisième au général de la coupe du monde. Quelle récolte !
On retrouve également en slalom, notre cher capitaine, Jean-Yves, médaille d’argent de la coupe du monde qui aura vraiment réalisé une très belle saison.

Bravo à tous les deux en espérant que ce soit de bon augure pour les jeux de l’an prochain.

La descente … Une des plus grosses frayeurs de ma vie de skieur assis.

11 avril 2009

Cette descente, encore aujourd’hui, je la connais par coeur à force de l’avoir vu et revu en tête, d’en avoir rêvé, d’avoir visionné la vidéo de Chouchou en caméra embarquée…

Mais ce qui prédomine c’est à la fois ce sentiment de peur terrible en arrivant dans la raquette d’arrivée et en même temps l’envie irrésistible d’y retourner.

  • Première entraînement :

La piste est vraiment engagée.

Même si le départ parait plutôt tranquille, on rentre bien vite dans le vif du sujet.

Lors du premier entraînement, on décide d’y aller mollo, de prendre large sur les courbes et de simplement ressentir le relief de la piste, on va essayer de pointer les difficultés du tracer.

Mais une fois lancé, c’est plus fort que moi. La piste a été tellement bien préparée, les conditions sont tellement bonnes que je me sens pousser des ailes.

Du coup, passé la traversée au départ j’engage vraiment (j’apprendrais le soir que j’ai, ce jour là, été le plus rapide en fauteuil avec prés de 117 km/h au temps intermédiaire. Cette vitesse ne sera jamais battue les jours suivants et je resterai donc jusqu’aux prochains jeux, le skieurs assis le plus rapide sur cette piste : on se trouve des petites victoires où on peut)

A l’arrivée je finis dans les 6 premiers de la course mais assez loin des 3 premiers qui s’étaient vraiment mis en condition pour frapper fort.

  • Deuxième entraînement :

Maintenant que je connais un peu mieux la piste, et sur les vifs encouragement du coach, on décide de mettre un peu plus de gaz (c’est à dire Fred, Cyril, Yo et moi chez les assis) .

Déjà la veille, j’avais eu la frousse de ma vie, alors là, j’imagine à peine dans quel état je vais arriver en bas, si j’arrive en bas bien sûr.

Au départ, il règne un silence de cathédrale. La vitesse c’est vraiment une discipline particulière. Chaque coureur est dans sa bulle, faisant et refaisant les même gestes, cherchant à tendre la courbe parfaite dans les passages les plus techniques.

Je prends le départ.

Une longue traversée pour prendre un peu de vitesse puis plongeon sur courbe à gauche, virage à droite, traversée à nouveau mais beaucoup plus mouvementée avec passage au ras de filets (en fait ce n’était qu’une impression), virage sur une porte remontée, plongeon dans le mur qui devenait de plus en plus gelé au fil des jours et des passages des coureurs, porte triple avec la vitesse instantanée, dernière portion avant le saut final … le saut … léger déséquilibre…. je me rattrape je ne sais pas comment et je passe l’arrivée en améliorant mon chrono de prés de 2 secondes.

A nouveau les tremblements et les « demain j’y retourne pas, c’est sûr ! ‘tain j’ai failli me tuer bordel. »

Je me retrouve encore dans le groupe des 6 premiers temps.

Comme la veille, je rentre à l’hôtel complètement vidé alors que je n’ai fait que 3 ou 4 descentes.

Mais quelle intensité….

  • La course : le jour J !

Ça y’est ! Enfin !

Après plus d’une centaine de passages virtuels et deux entraînements, je me retrouve au portillon de départ, entouré des meilleurs dans la discipline.

Dire qu’il y a seulement deux ans je me lançais doucement dans la compétition et aujourd’hui, je prend le départ de la descente pré-paralympique… Quel chemin parcouru en si peu de temps ! C’est sur, je me sens tout petit mais je jouerai crânement ma chance, c’est certain.

Je me rappelle les consignes donnés par le staff, je me rassure en me disant que les skis sont super bien préparés (merci Jonathan et Chouchou), je fais le vide, je travaille ma respiration et je refais une dernière fois le tracer dans ma tête.

Je suis prêt.

Au départ, des lumières rouges … qui deviennent vertes ! C’est parti.

Je skie plutôt bien sur le haut mais au passage devant Chouchou je fais une première erreur et je dérape beaucoup. Je reste concentré sur mes courbes mais à l’entrée du mur verglacé, malgré tout mon poids sur l’arrière des skis, je décroche des talons et je fais un long travers. Heureusement la pente dans le mur me redonne rapidement beaucoup de vitesse. Je passe la triple et cartonne à nouveau la même porte à la sortie d’une double (j’ai bien cru que ma course allait s’arreter là d’ailleurs). Je passe les 2 dernières portes avant le saut final … je repose dans l’axe et je passe enfin l’arrivée.

Je suis en bas, et même si ma course était loin d’être parfaite je suis content d’avoir pu tenir la pression et d’avoir osé aller aussi vite.

Je termine 9ème

Ça y est, s’en est fini de cette descente. Ça promet de belles choses pour l’an prochain où j’espère que je pourrai revenir jouer à me faire peur.

Il me faut maintenant reprendre mes esprits pour me préparer pour les deux prochaines épreuves : le super G et le géant.

Whistler : une station hors-norme

10 avril 2009

Après la première gifle lors de l’arrivée à l’hôtel (que dis je à l’hôtel … au château Fairmont pardon) arrive ensuite la deuxième grosse baffe : le domaine skiable.
En fait il ne s’agit pas d’une mais de deux grosses stations : Whistler et Blackcomb.
Il y a même un télécabine permettant de passer d’un sommet à l’autre. En passant au dessus de la vallée, au point le plus haut, on se trouve à environ 450 m du sol. Et bien sûr, pour rendre tout ça encore plus spectaculaire (à l’américaine quoi !), on retrouve toutes les 4 cabines, certaines dont le sol est en plexiglas afin de pouvoir profiter pleinement de la vue à la fois vertigineuse et magnifique.

Quelle claque ! Une vue panoramique sur des montagnes sublimes et verdoyantes.

L’expansion de la station ne s’est pas faite au détriment de la végétation. Whistler a su garder un aspect sauvage malgré sa taille hors-norme.

Vision magique …

Arrivés au sommet, (vous commencez sûrement à me connaître)  nous sommes allés jeter un oeil sur le fameux snowpark vu et revu dans les magasines et les vidéos visionnés lors de ma (lointaine) jeunesse… Alors attention ! Tout ce que vous connaissiez jusqu’ici sur les snowparks, vous devez oublier, au risque de rester blasé toute votre vie.

Je pense que rien que le snowpark est aussi grand que Gourette (c’est dire quand même !!!). Et encore, on a parcouru que la partie « slope style ». Je pense que la piste de boarder cross et les half-pipes ne doivent pas être mal non plus.

J’avoue ne pas avoir essayé la moindre bosse car déjà, il faut un certificat médical (ou de renonciation à des poursuites en cas de blessures) et être pourvu d’organes génitaux plutôt conséquents, rien que pour avoir le courage de s’aventurer sur les bosses les plus intéressantes (en particulier avec des skis de descente sous les fesses)

Une sacrée découverte… Mais la journée nous réservait encore une belle surprise. Nous sommes allés voir la piste où se déroulerait toutes les épreuves…

Tout un programme.

Whistler … un nom qui sonne comme aucun autre.

9 avril 2009

Pour tout ceux qui comme moi ont rêvé (et rêvent encore je l’espère) d’immense espaces de poudreuse vue dans les magazines ou les vidéos de mon adolescence alors ils savent de quoi je parle.

Environ 80% des productions vidéos doivent se tourner à Whistler (ou Blackcomb, juste à côté).

C’est dire, ma joie lorsque j’ai appris que je faisais partie du voyage pour Vancouver afin de découvrir la piste où se dérouleront les jeux l’an prochain.

Ce voyage, bien que un peu long (mais on n’a rien sans rien) et parfois mouvementé (en particulier pour Chouchou qui devait se trimbaler en plus de son sac, le mien mais surtout ma housse à ski avec 6 paires de skis) restera gravé à tout jamais dans ma mémoire.

Arrivé à Vancouver, on retrouve avec Nat’ et Chouchou, les autres membres de l’équipe qui étaient parti de Zurich ainsi que tous nos champions qui revenaient des championnats du monde en Corée (où l’entraîneur Pierre Bott, guide providentiel, permis à Nico Berejny de pouvoir courir en slalom mais surtout de remporter l’or en géant et où Jean-Yves Le Meur remporta l’argent en slalom.)

Après une trop (beaucoup trop) courte matinée passée à nous balader dans Vancouver, ville où il semble faire bon vivre (dans laquelle je me verrais bien couler mes vieux jours …) nous sommes partis à bord de 4×4 monstrueusement démesurés pour la station de Whistler.

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Quelques photos de Vancouver quand même (merci à Pierre qui m’en voudra pas j’espère) :

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Tout au long de la route qui nous amène à Whistler, on ne cesse de s’émerveiller des paysages grandioses qui nous accompagnent. Quelques travaux de voirie nous rappellent la grosse échéance de l’an prochain mais ça n’entache en rien notre plaisir en voyant défiler ces lacs et leurs îles ainsi que les forêts vraiment superbes.

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Arrivé à la station, c’est le coup de grâce : nos véhicules se garent devant le château Fairmont. Un édifice d’une dizaine d’étage, tout habillé de bois, qui accueille pour l’occasion toutes les équipes nationales (suisse, allemande, japonaise, coréenne, anglaise (ben oui ils font du ski les anglais …), américaine, espagnole, …)

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Tiens, y’a pas les canadiens avec nous ??? Forcément, ils ont un hôtel au pied de la piste où se dérouleront toutes les courses. Dommage. Ça aurait été plus sympa de tous être au même endroit.

Le temps est radieux et la météo plutôt très encourageante pour les jours à venir, hormis un petit – 20° le matin, ce qui poussera même les organisateurs à retarder les départs d’une heure.

Après la répartition des chambres (je suis avec Yohann Taberlet, ancien descendeur en valide et maintenant en ski-assis, qui a énormément à m’apprendre sur SA discipline) et la première réunion d’équipe : les 3 premiers jours seront réservés pour les 2 entraînements et la descente puis, dans l’ordre : le super G et super-combiné, le géant et enfin le slalom.

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Malgré la fatigue accumulé pendant le voyage et le décalage horaire (- 8 h), j’ai eu bien du mal à trouvé le sommeil cette nuit là…

Sestrière ou ma première expérience en descente…

12 février 2009

C’est avec la plus Sestriérienne de toute l’équipe de France qu’on arrive en Italie avec Chouchou, celle qui a remporté ici même 4 médailles, dont deux en or aux derniers jeux paralympiques, je parle bien entendu de Mademoiselle Solène Jambaqué en personne (ou Sue Hélène pour les intimes). 

Avec une médaille d’or en descente, elle était à même de nous présenter la piste sur laquelle nous allions nous élancer… 

Au programme donc 2 descentes, un super G et un super combiné. 

Pour une descente il faut savoir que c’est assez spécial. Déjà c’est la seule discipline où on a droit à 2 entraînements chronométrés avant la course. 

C’est une discipline qui se déroule sur 3 ou 4 jours : il y a la première reconnaissance puis, le lendemain, la seconde reco. plus rapide suivie du premier entraînement, le surlendemain encore une reco suivie du second entraînement et enfin le dernier jour la course. 

Bon ça c’est la théorie parce que bien souvent à cause des intempéries ou du retard pris par l’organisation, il arrive que dans la même journée on enchaîne 2 entraînement ou un entraînement et la course et c’est ce qui s’est produit. 

Après la première reconnaissance du tracer, le premier entraînement a été annulé pour cause de mauvaise visibilité (jour blanc). 

Le lendemain, vue qu’il avait neigé 30 cm dans la nuit, l’entraînement du jour est annulé et à la place on a droit à deux autres reconnaissances. 

Je vous avoue que là vraiment, je commençais à la connaître par coeur cette piste. Jusqu’au moindre détail. 

Enfin c’est ce que je croyais… 

Le 3ème jour ça y est ! On nous annonce qu’après un passage d’entraînement le matin (et donc encore une reconnaissance), il y aura une des deux descentes le midi. 

Au départ de l’entraînement je suis un peu tendu mais Yohann qui a l’habitude de la discipline nous a pris sous son aile et nous a bien briefé pour l’entraînement. « On y va pour se faire plaisir mais pas de risques inutiles. Surtout on va tester nos trajectoires » 

Le départ parait assez plat mais c’est juste une illusion d’optique car très vite la vitesse augmente entre les portes (jusqu’à atteindre 90 km/h pour les plus rapides) puis suit un long faux plat avant d’attaquer la seconde partie de la course, beaucoup plus technique. 

Bien sur chaque passage porte un nom très local : de mémoire il y avait (en phonétique bien sûr) « l’aqua minéralé », le « nubo esse », le « salto blue », la « parabolica » et le « salto borgata » 

Vous vous doutez bien que les passages « salto quelque-chose » n’auguraient rien de bon. 

Mon entraînement se déroule bien et je me fais vraiment super plaisir. (mais quand je dis vraiment c’est vraiment VRAIMENT !!!). Je fais le 8ème temps, en étant vraiment pépère dans les zones un peu chaudes. 

Du coup je me dis qu’en me lâchant un peu dans ces zones « un peu chaudes » il doit y avoir moyen de rentrer dans les 5 premiers. 

Je remonte donc au départ super motivé et je m’élance à nouveau dans cette grosse montagne russe … 

Sauf qu’à la fin du plat, quand on arrive vraiment vite, je décolle à peine mais juste assez pour me déséquilibrer, faire une faute de carre et après c’est le gros crash dans les filets … comme à la télé. 

Et là miracle : rien de cassé. Ni moi, ni les skis, ni le fauteuil. Juste mon illusion de faire dans les 5 … 

En regardant les temps d’arrivée je vois que c’était vraiment possible de rentrer dans les 5 premiers et que c’était aussi possible de faire les fameux 50 points que je recherche depuis le début de saison. 

Un peu dégoûté je rentre à l’hôtel en me disant qu’il reste encore 3 courses pour se rattraper. 

Le lendemain il fait grand beau donc l’organisation en profite pour nous coller une super combiné à la « valide » : une manche de descente (qui comptera pour la seconde descente) et une manche de slalom (pour ce qui ne le sauraient pas encore, je déteste ça !

Au départ de la descente, après avoir refait une trentaine de fois le tracer dans ma tête, je m’aligne en face de la barrette de départ mais avec en tête le fait de devoir ralentir là où je me suis planté la veille, le fait que se planter en descente ça fait mal et enfin que je veux quand même en finir une !!!. 

Ca part toujours aussi vite, voire même plus, car la neige est plus dure que la veille. En arrivant au bout du faut plat je me relève pour assurer mon passage. Dans les passages techniques, je dérape beaucoup et à l’arrivée et bien j’ai la surprise de voir que j’ai quand même limité la casse. Je termine 10ème. 

Rentrer dans le top 10 pour ma première descente je suis plutôt satisfait même si j’ai l’impression d’en avoir encore sous le pied et de pas avoir tout lâcher du tout. C’est encourageant pour la suite. 

Bon la manche de slalom j’en parle même pas tellement c’est pitoyable. 

Et la suite … bien c’est très simple : tempête de neige et courses annulées. En rentrant on a même eu droit aux autoroutes bloquées, aux branches d’arbres qui volaient mais bon, on a réussi à revenir sains et saufs et on peut pas en dire autant de mes skis. Seuls ceux de géant sont réutilisables… 

Finalement ce qui l’emporte c’est surtout un peu de frustration de n’avoir fait qu’une seule course et en plus de l’avoir assurée. 

Bravo en tout cas à Yohann qui fait second de la première descente mais qui se met une pelle terrible dans les filets après la ligne ainsi qu’à l’américain Walker Tyler qui a gagné les deux descentes et qui en suivant est rentré pour gagner les X-games. 

 

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