Retour à La Molina

Hé oui, après une fin de saison passés à La Molina pour ma toute première coupe d’Europe où les résultats m’avaient permis d’entrer en équipe de France, me voilà de retour.

Après un bref séjour aux Angles pour un « mini-stage » durant lequel j’aurais quand même cassé une paire de skis de super-G et j’aurais également voilé la base de mon châssis sur une très grosse gamelle en entraînement vitesse (merci au passage à Greg et à Loïs ainsi qu’à Pierre Tessier par la suite pour m’avoir dépanné), nous voilà parti pour La Molina, station espagnole célèbre pour sa fameuse piste vraiment très engagée… (sur laquelle ont couru les femmes « valides » peu de temps avant nous).

Je me souvenais qu’il y avait de la pente mais peut-être pas à ce point…

Le premier soir, avec mon colocataire de course, alias Fred François (pas le chanteur hein ?), en regardant la « start list » du géant du lendemain, je prend vraiment conscience du décalage énorme qu’il existe entre une coupe d’Europe et une coupe du monde.

Ici, au départ du géant beaucoup moins de coureurs qu’en coupe d’Europe : je dirais une quarantaine de bobs (en fait il faut avoir moins de 100 points FIS pour pouvoir participer).

Mais alors que des pointures : japonais, coréens, américains, canadiens, autrichiens, suisses, allemands et même anglais, suédois, néo-zélandais ou encore australiens (???).

Ça y’est : le stress commence à monter.

C’est sur cette impression de peut être ne pas être à ma place que je pars me coucher.

Il faut dire qu’il y a, à peine un an, je faisais mes tous premiers pas en compétition dans le circuit coupe de France, Aux Angles, juste à côté. Que de chemin parcouru en seulement une année…

Toute la nuit ma jambe m’a lancé d’énormes décharges comme souvent lors de crise de stress mais également comme toujours lorsque j’ai de la fièvre … Et oui, je n’arrive quasiment pas à trouver le sommeil et j’ai du dormir environ 2h à cause de la fièvre. Je n’y crois pas ! Tomber malade la veille de sa première coupe du monde !!! emoticone

Le matin, debout à 5h40 car l’ouverture des remontées est à 7h15 et la reconnaissance est prévue à 8h pour le premier départ à 9h.

Arrivés sur le parking de la station, les cadres s’activent à décharger tout le matos (skis, stabs, bobs) et nous filent un coup de main pour nous installer. C’est accompagné de Jean-Yves que je monte dans les premiers paniers … mais bizarrement quelque chose cloche … Il fait encore nuit !

En plus le télésiège est terriblement long et c’est limite si je m’endors pas. Le pauvre Jean-Yves a du me trouver d’une piètre compagnie durant cette longue … trop longue montée.

Du coup pour se réveiller on décide de s’en faire une, en nocturne. Plutôt déstabilisant (sauf peut être pour les aveugles emoticone).

J’avoue que je n’ai pas de grands souvenirs de la course tellement j’étais dans le colletard sauf que je suis arrivé en bas des deux manches.

  • En bas de la première manche j’ai le 13ème temps (pas trop mal je me dis mais en skiant un peu plus fort je dois pouvoir grappiller 2 ou 3 places. Quant aux premiers : il y a deux japonais largement devant et chez les frenchies on retrouve Jean-Yves à la 6ème place et Yohann à la 11ème.)
  • Au départ de la seconde manche, les cachets ne font plus trop effet et la fièvre revient me replongeant dans un état de torpeur. En plus le départ est au soleil … Je pourrais presque me laisser aller à piquer un petit roupillon en attendant mon dossard. Mais non, il faut repartir même si la rage n’est plus là (quelque part c’est pas plus mal au moins j’ai pu arriver en bas)

A l’arrivée non seulement je n’ai pas récupéré de places mais 2 personnes me sont passées devant et du coup je me retrouve 15ème (et toujours 3ème français).

Pour une première coupe du monde je me dis que c’est pas mal mais je comprends aussi que les premiers (genre les 2 japonais) sont tellement forts et nous mettent de tels chronos dans la vue qu’il est impossible de faire des points. (Jean-Yves qui termine 6ème marque 46 points !!! Et moi qui visais une perf à moins de 50 points, il va falloir que je m’accroche)

Le lendemain rebelotte sauf que, comme je ne me suis pas soigné, je suis encore plus malade et j’ai encore plus de fièvre. La différence est que j’ai juste pu dormir quelques heures de plus.

Toujours le même rituel le matin avec le lever à 5h40, l’ouverture des remontées, la reco. et les départs.

Compte tenu que j’ai compris qu’en coupe du monde il fallait tout lâcher si on voulait marquer des points et surtout pas assurer et bien dés la première manche je me lance tel un mort de faim à tel point qu’en retard sur les portes du bas mon stab se prend dans la porte et je prends un belle gamelle par dessus les filets de protection (ou par dessous … j’avoue que c’est un peu flou)

Dommage ! Mais qui ne tente rien n’a rien…

Les 2 jours suivant c’est slalom mais comme j’ai pas les points je n’ai pas le droit d’y participer. Tant mieux comme ça je vais pouvoir en profiter pour aller voir un docteur …. et puis ensuite direction l’Italie et Sestrières pour une coupe du monde de vitesse.

Au programme : 2 descentes, 1 super-G et un super combiné.

Au passage un gros, très gros bravo à Vincent Gauthier-Manuel le Jurassien qui, sur 4 courses a fait 4 podiums dont deux fois premier et s’empare donc du maillot de leader de la coupe du monde.

Mais aussi un grand bravo à mon pote Jean-Yves, qui a bien fait de venir s’entrainer à Gourette pour les vacances de noël, car il remporte sa première manche de coupe du monde en slalom.

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