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Sestrière ou ma première expérience en descente…

C’est avec la plus Sestriérienne de toute l’équipe de France qu’on arrive en Italie avec Chouchou, celle qui a remporté ici même 4 médailles, dont deux en or aux derniers jeux paralympiques, je parle bien entendu de Mademoiselle Solène Jambaqué en personne (ou Sue Hélène pour les intimes). 

Avec une médaille d’or en descente, elle était à même de nous présenter la piste sur laquelle nous allions nous élancer… 

Au programme donc 2 descentes, un super G et un super combiné. 

Pour une descente il faut savoir que c’est assez spécial. Déjà c’est la seule discipline où on a droit à 2 entraînements chronométrés avant la course. 

C’est une discipline qui se déroule sur 3 ou 4 jours : il y a la première reconnaissance puis, le lendemain, la seconde reco. plus rapide suivie du premier entraînement, le surlendemain encore une reco suivie du second entraînement et enfin le dernier jour la course. 

Bon ça c’est la théorie parce que bien souvent à cause des intempéries ou du retard pris par l’organisation, il arrive que dans la même journée on enchaîne 2 entraînement ou un entraînement et la course et c’est ce qui s’est produit. 

Après la première reconnaissance du tracer, le premier entraînement a été annulé pour cause de mauvaise visibilité (jour blanc). 

Le lendemain, vue qu’il avait neigé 30 cm dans la nuit, l’entraînement du jour est annulé et à la place on a droit à deux autres reconnaissances. 

Je vous avoue que là vraiment, je commençais à la connaître par coeur cette piste. Jusqu’au moindre détail. 

Enfin c’est ce que je croyais… 

Le 3ème jour ça y est ! On nous annonce qu’après un passage d’entraînement le matin (et donc encore une reconnaissance), il y aura une des deux descentes le midi. 

Au départ de l’entraînement je suis un peu tendu mais Yohann qui a l’habitude de la discipline nous a pris sous son aile et nous a bien briefé pour l’entraînement. « On y va pour se faire plaisir mais pas de risques inutiles. Surtout on va tester nos trajectoires » 

Le départ parait assez plat mais c’est juste une illusion d’optique car très vite la vitesse augmente entre les portes (jusqu’à atteindre 90 km/h pour les plus rapides) puis suit un long faux plat avant d’attaquer la seconde partie de la course, beaucoup plus technique. 

Bien sur chaque passage porte un nom très local : de mémoire il y avait (en phonétique bien sûr) « l’aqua minéralé », le « nubo esse », le « salto blue », la « parabolica » et le « salto borgata » 

Vous vous doutez bien que les passages « salto quelque-chose » n’auguraient rien de bon. 

Mon entraînement se déroule bien et je me fais vraiment super plaisir. (mais quand je dis vraiment c’est vraiment VRAIMENT !!!). Je fais le 8ème temps, en étant vraiment pépère dans les zones un peu chaudes. 

Du coup je me dis qu’en me lâchant un peu dans ces zones « un peu chaudes » il doit y avoir moyen de rentrer dans les 5 premiers. 

Je remonte donc au départ super motivé et je m’élance à nouveau dans cette grosse montagne russe … 

Sauf qu’à la fin du plat, quand on arrive vraiment vite, je décolle à peine mais juste assez pour me déséquilibrer, faire une faute de carre et après c’est le gros crash dans les filets … comme à la télé. 

Et là miracle : rien de cassé. Ni moi, ni les skis, ni le fauteuil. Juste mon illusion de faire dans les 5 … 

En regardant les temps d’arrivée je vois que c’était vraiment possible de rentrer dans les 5 premiers et que c’était aussi possible de faire les fameux 50 points que je recherche depuis le début de saison. 

Un peu dégoûté je rentre à l’hôtel en me disant qu’il reste encore 3 courses pour se rattraper. 

Le lendemain il fait grand beau donc l’organisation en profite pour nous coller une super combiné à la « valide » : une manche de descente (qui comptera pour la seconde descente) et une manche de slalom (pour ce qui ne le sauraient pas encore, je déteste ça !

Au départ de la descente, après avoir refait une trentaine de fois le tracer dans ma tête, je m’aligne en face de la barrette de départ mais avec en tête le fait de devoir ralentir là où je me suis planté la veille, le fait que se planter en descente ça fait mal et enfin que je veux quand même en finir une !!!. 

Ca part toujours aussi vite, voire même plus, car la neige est plus dure que la veille. En arrivant au bout du faut plat je me relève pour assurer mon passage. Dans les passages techniques, je dérape beaucoup et à l’arrivée et bien j’ai la surprise de voir que j’ai quand même limité la casse. Je termine 10ème. 

Rentrer dans le top 10 pour ma première descente je suis plutôt satisfait même si j’ai l’impression d’en avoir encore sous le pied et de pas avoir tout lâcher du tout. C’est encourageant pour la suite. 

Bon la manche de slalom j’en parle même pas tellement c’est pitoyable. 

Et la suite … bien c’est très simple : tempête de neige et courses annulées. En rentrant on a même eu droit aux autoroutes bloquées, aux branches d’arbres qui volaient mais bon, on a réussi à revenir sains et saufs et on peut pas en dire autant de mes skis. Seuls ceux de géant sont réutilisables… 

Finalement ce qui l’emporte c’est surtout un peu de frustration de n’avoir fait qu’une seule course et en plus de l’avoir assurée. 

Bravo en tout cas à Yohann qui fait second de la première descente mais qui se met une pelle terrible dans les filets après la ligne ainsi qu’à l’américain Walker Tyler qui a gagné les deux descentes et qui en suivant est rentré pour gagner les X-games. 

 

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