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La descente … Une des plus grosses frayeurs de ma vie de skieur assis.

Cette descente, encore aujourd’hui, je la connais par coeur à force de l’avoir vu et revu en tête, d’en avoir rêvé, d’avoir visionné la vidéo de Chouchou en caméra embarquée…

Mais ce qui prédomine c’est à la fois ce sentiment de peur terrible en arrivant dans la raquette d’arrivée et en même temps l’envie irrésistible d’y retourner.

  • Première entraînement :

La piste est vraiment engagée.

Même si le départ parait plutôt tranquille, on rentre bien vite dans le vif du sujet.

Lors du premier entraînement, on décide d’y aller mollo, de prendre large sur les courbes et de simplement ressentir le relief de la piste, on va essayer de pointer les difficultés du tracer.

Mais une fois lancé, c’est plus fort que moi. La piste a été tellement bien préparée, les conditions sont tellement bonnes que je me sens pousser des ailes.

Du coup, passé la traversée au départ j’engage vraiment (j’apprendrais le soir que j’ai, ce jour là, été le plus rapide en fauteuil avec prés de 117 km/h au temps intermédiaire. Cette vitesse ne sera jamais battue les jours suivants et je resterai donc jusqu’aux prochains jeux, le skieurs assis le plus rapide sur cette piste : on se trouve des petites victoires où on peut)

A l’arrivée je finis dans les 6 premiers de la course mais assez loin des 3 premiers qui s’étaient vraiment mis en condition pour frapper fort.

  • Deuxième entraînement :

Maintenant que je connais un peu mieux la piste, et sur les vifs encouragement du coach, on décide de mettre un peu plus de gaz (c’est à dire Fred, Cyril, Yo et moi chez les assis) .

Déjà la veille, j’avais eu la frousse de ma vie, alors là, j’imagine à peine dans quel état je vais arriver en bas, si j’arrive en bas bien sûr.

Au départ, il règne un silence de cathédrale. La vitesse c’est vraiment une discipline particulière. Chaque coureur est dans sa bulle, faisant et refaisant les même gestes, cherchant à tendre la courbe parfaite dans les passages les plus techniques.

Je prends le départ.

Une longue traversée pour prendre un peu de vitesse puis plongeon sur courbe à gauche, virage à droite, traversée à nouveau mais beaucoup plus mouvementée avec passage au ras de filets (en fait ce n’était qu’une impression), virage sur une porte remontée, plongeon dans le mur qui devenait de plus en plus gelé au fil des jours et des passages des coureurs, porte triple avec la vitesse instantanée, dernière portion avant le saut final … le saut … léger déséquilibre…. je me rattrape je ne sais pas comment et je passe l’arrivée en améliorant mon chrono de prés de 2 secondes.

A nouveau les tremblements et les « demain j’y retourne pas, c’est sûr ! ‘tain j’ai failli me tuer bordel.« 

Je me retrouve encore dans le groupe des 6 premiers temps.

Comme la veille, je rentre à l’hôtel complètement vidé alors que je n’ai fait que 3 ou 4 descentes.

Mais quelle intensité….

  • La course : le jour J !

Ça y’est ! Enfin !

Après plus d’une centaine de passages virtuels et deux entraînements, je me retrouve au portillon de départ, entouré des meilleurs dans la discipline.

Dire qu’il y a seulement deux ans je me lançais doucement dans la compétition et aujourd’hui, je prend le départ de la descente pré-paralympique… Quel chemin parcouru en si peu de temps ! C’est sur, je me sens tout petit mais je jouerai crânement ma chance, c’est certain.

Je me rappelle les consignes donnés par le staff, je me rassure en me disant que les skis sont super bien préparés (merci Jonathan et Chouchou), je fais le vide, je travaille ma respiration et je refais une dernière fois le tracer dans ma tête.

Je suis prêt.

Au départ, des lumières rouges … qui deviennent vertes ! C’est parti.

Je skie plutôt bien sur le haut mais au passage devant Chouchou je fais une première erreur et je dérape beaucoup. Je reste concentré sur mes courbes mais à l’entrée du mur verglacé, malgré tout mon poids sur l’arrière des skis, je décroche des talons et je fais un long travers. Heureusement la pente dans le mur me redonne rapidement beaucoup de vitesse. Je passe la triple et cartonne à nouveau la même porte à la sortie d’une double (j’ai bien cru que ma course allait s’arreter là d’ailleurs). Je passe les 2 dernières portes avant le saut final … je repose dans l’axe et je passe enfin l’arrivée.

Je suis en bas, et même si ma course était loin d’être parfaite je suis content d’avoir pu tenir la pression et d’avoir osé aller aussi vite.

Je termine 9ème

Ça y est, s’en est fini de cette descente. Ça promet de belles choses pour l’an prochain où j’espère que je pourrai revenir jouer à me faire peur.

Il me faut maintenant reprendre mes esprits pour me préparer pour les deux prochaines épreuves : le super G et le géant.

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