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Kuhtaï, ça caille et ça taille …

Arrivé à Kuhtaï, dans un superbe hôtel, j’ai eu quelques jours pour me vider la tête et oublier toutes ces mauvaises performances de Pitztal. Une journée de ski en libre, à sauter les bosses et m’amuser avec les potes, ainsi que deux entraînements m’ont complètement changés les idées et remis sur de bons rails pour les trois épreuves qui m’attendaient.

Je retrouve avec grand plaisir les gros calibres de l’équipe qui n’avaient pas eu envie de se cailler sur le glacier de Pitztal, à savoir Jean-Yves et Vincent, mes colocataires du jour, le sur-motivé Yohan, le coach Chouchou et les deux jeunettes du groupe : Marie et Sosso. Certes ils auront éviter le froid de Pitztal mais il ne seront pas passé au travers de celui de Kuhtaï : on a frôlé les – 30° pendant les 3 jours de compétition.

Bien évidemment, il n’y a pas que chez les français que les « costauds » se sont déplacés (on retrouve les meilleures japonais, autrichiens, allemands, etc …) Il ne manque plus que quelques américains et quelques canadiens pour se croire sur des coupes du monde.

Depuis notre arrivée, la piste de la course est fermée. C’est un balai incessant de chasse-neiges qui tassent encore et encore une quantité de neige incroyable, crachée par les canons pour durcir la piste.

  • Premier jour : slalom emoticone

Comme à mon habitude, je pars super motivé au départ du slalom (avec le dossard 130 !) et pendant la première manche, je sors trois fois du tracé et trois fois je repars, puisque je savais que de toute façon je ne risquais pas de gêner le coureur suivant (forcément c’est moi qui fermais la marche). Je ne tombe plus … C’est déjà un progrès. Mais je me rends compte que plus le temps passe et plus je commence à prendre plaisir à prendre des piquets dans la gueule … Reste plus qu’à travailler encore et encore pour arriver en bas des tracés.

Ce jour là, Vincent gagne chez les debouts (et prend par la même occasion son billet pour Vancouver) et Marie prend la troisième place mais avec trop de points pour gagner le précieux sésame.

  • Deuxième jour : le géant emoticone

Avec le dossard 50, je fais la reco. de la première manche avec mon pote Yohan qui sait très bien décortiquer un tracé et pointer du doigt les difficultés. Je me sens plutôt détendu malgré les enjeux (je vous rappelle que si je ne fais pas un résultat en dessous de 70 points, la saison est quasi terminée pour moi car je ne pourrai pas aller faire les coupes du monde en janvier). Après avoir bien écouté les conseils qui remontent au départ grâce à Greg et à Pierre, je m’élance dans le tracé, avec un esprit conquérant mais suffisamment lucide pour savoir où  il faudra lever le pied.

Les portes s’enchaînent à une vitesse surprenante et avant que j’ai le temps de m’en rendre compte, je suis déjà dans le mur d’arrivée. Je passe la ligne et en regardant les visages de Marie, Sosso et Delphine, je me dis que j’ai fais du bon boulot.

Je suis 5ème de la première manche, derrière un coréen, notre capitaine, Môssieur Le Meur, un anglais et un autrichien.

Après m’être un peu réchauffé dans la tente prévue à cet effet (où Jean-Yves fera fondre son casque bien sûr …), en remontant dans mon bob, j’entends Pierre Bott à la radio : « bon, demain, le super G est annulé et il est remplacé par un autre slalom. Mais ne le dites pas trop … Par exemple, à Loulou, qui pourrait se mettre la pression… »

Super ! Ce sera donc aujourd’hui ou pas du tout

 Bizarrement, je remonte au départ complètement serein et détendu. A aucun moment je ne me poserai la question de savoir si je devais assurer et arriver en bas pour marquer mes fameux 70 points ou bien si je repartais en skiant fort pour essayer de faire une belle place.

Je travaille ma respiration. Je fais et refais mentalement le tracé de la seconde manche que je viens de reconnaître puis arrive mon tour. Je m’élance.

Comme pour la 1ère manche, je ne vois pas passer la minute de course, et avant de m’en rendre compte, je suis dans la raquette d’arrivée…Les filles m’annoncent que pour l’instant je suis premier et donc, qu’au pire, je terminerai 5ème. Je regarde descendre les 4 concurrents qui m’avaient devancé lors de la première manche. Ils arrivent tous en bas.

Puis là, tous s’emballe … Je crois comprendre que j’ai gagné une ou deux places… Mais si c’est vrai … ça voudrait dire… que je suis sur le podium…. Je préfère ne pas y penser et attendre patiemment aux côtés de Jean-Yves qui me félicite pour ma course.

Finalement, malgré mon incrédulité, on m’annonce que je termine troisième derrière Jean-Yves qui gagne juste devant le coréen qui sauve les meubles…Mon premier podium international… Je peux dire que j’ai savouré chaque seconde.

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Je retourne à l’hôtel avec un sourire béat sur le visage et des images plein la tête (les visages des copains pendant la remise des prix, les yeux de Greg, tout embués, qui me prend dans ses bras à l’arrivée, les accolades de Jean-Yves sur le podium et également, bien sûr, la feuille de résultat avec mes 32.57 points…)

Aujourd’hui j’ai rempli mon contrat et j’ai fait un grand pas vers une hypothétique sélection pour les jeux. Jean-Yves quant à lui remporte une belle course, mais surtout son passeport pour Vancouver… Et de deux !

Aujourd’hui le Scarver Dual de Pierre Tessier a frappé un grand coup et j’ai pu démontrer qu’avec deux skis, on pouvait réaliser de superbes choses. Certains coureurs commencent déjà à regarder cet étrange « engin » différemment.

  •  Le dernier jour, ce sera donc un slalom.

Un miracle aura bien lieu : je termine la 1ère manche à la 18ème place … Mais, hélas, complètement tétanisé par le froid polaire en attendant mon départ, je sors dès la première triple de la seconde manche… Classique.

Parmi mes camarades, Marie gagne à la fois le slalom et son ticket pour les jeux (Et de trois !) Yohan réalise une excellente 4ème place et enfin, Nathalie réalise une belle course et fait ses points pour participer aux coupes du monde de janvier.

Dans la foulée, vite, on se change, à l’arrache, dans le hall de l’hôtel puis on (en fait Greg et Chouchou) embarque les affaires (en oubliant mes lunettes de vue au passage) et s’est parti pour plus de 15 heures de route avec Delphine, Solène, Greg et Chouchou… Ce fut long, trop loooooooong !

Mais bon, aujourd’hui,  je pense que je vais pouvoir passer de bonnes fêtes aux cotés de ma chérie et de ma famille tout en gardant en tête  que, juste après,  je reviendrai en Autriche pour y disputer deux coupes du monde, mais surtout, qui sait, peut être une place sur la liste pour Vancouver. A suivre …

5 Réponses à “Kuhtaï, ça caille et ça taille …”

  1. Nadalié Dominique dit :

    Nico, le comité est dérriere toi, je crois en toi tu l’auras ta qualif, merde à toi

  2. sandrine vasseur dit :

    bonjour,
    je m’appelle Sandrine, j’ai 16 ans
    et je soutient l’équipe de France Paralympique
    je vous envois ce message avant votre départ pour les jeux pour vous encourager
    même si comme d’habitude les médias vont vous oublier sachez que les supporters français ne vous oublie pas
    je sais les efforts que vous devez faire pour donner le meilleur de vous même
    vous êtes un modèle pour pas mal de jeune
    en espérant que vous ramènerez une médaille
    j’aurais une petite demande à vous faire celle d’avoir votre photo dédicacée

    je vous dis *** pour Vancouver

    sportivement

    Sandrine

    mon adresse
    Sandrine Vasseur
    18 grande rue
    80510 Long

  3. FredF dit :

    Allé Nico ! On veut la suite de l’histoire.

  4. Flore dit :

    Salut Nico,
    Super blog et félicitations pour tous tes exploits. Ravie de constater à quel point tu t’éclates. Tous mes encouragements pour Vancouver… on suivra tous tes exploits dupuis Arros !! La bise à Christelle.
    Ciao,
    Flore

  5. Matveieff dit :

    Bonjour
    T’ayant déjà vu enquiller les murs de cotch ou de Pène Méda sur ton siège, je touve que ça dépote un max et que c’est très beau à voire…
    Merde à toi pour les JO…
    Michel

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