L’accident

Le 19 janvier 2001. C’est ce jour là que mon univers bascule …

Sur un gros saut, réceptionné sur l’arrière, je retombe trop loin et mes jambes, fatiguées par la matinée à rider, ne peuvent m’empécher de m’écraser sur un rocher caché sous la poudreuse fraichement tombée.

Je sens des fourmillements dans tout le corps puis je lève la tête …

Je veux bouger ma planche pour sortir de la zone de réception car mes potes attendent au dessus mais rien ne se passe.

Et là je comprends. Dans la seconde.

Je me pince la cuisse, me frappe de toute mes forces… Je ne sens plus mes jambes !

Mon univers bascule. Les larmes me montent aux yeux car je sais déjà ce qui m’attend.

Tout le monde s’affole autour de moi mais le temps est comme arrêté. Je vois mentalement des images de personnes en fauteuil. Je me dis : « ça y est. Ta vie est finie. Tout ce que tu aimes, tu peux faire une croix dessus  ».

Les secours arrivent. La barquette qui me descend au poste. La douleur qui commence à devenir lancinante. Tout se bouscule maintenant.

Au poste, rapide diagnostic : on m’embarque en hélico ! La douleur devient atroce et le docteur qui ne trouve pas de veine pour me piquer. (pas d’veine ce jour là !Langue) J’ai tellement mal que j’ai envie de lui arracher la seringue des mains et me l’enfoncer dans la cuisse (pas con quand même … dans un endroit que je ne sens plusClin doeil).

Et puis dans l’hélico c’est le trou noir …

Je me réveille par courtes périodes. Il me semble voir par moment ma mère ou ma copine puis je replonge dans un sommeil agité où le même rêve revient sans cesse.

Plus les heures passent et plus je me rends compte que ce que j’espérais être un rêve est en fait une réalité. C’est vraiment arrivé !

Prés de moi, j’entends une voix qui appelle à l’aide. Quelqu’un n’arrive plus à respirer. (un joueur de rugby s’est fracturé les cervicales la veille)

Lors d’une phase de réveil, mon premier mot est pour ma mère : « Pardon ! ».

Deux mois auparavant j’avais perdu mon père d’un cancer et pour ma pauvre mère je trouvais que la coupe commençait à être bien pleine.

Elle me sourit mais ses yeux rougis, encore remplis de larmes parlent plus que des mots.

Je le sais. Maintenant et pour la vie, je serai un handi.

Je la regarde en essayant de lui sourire et puis je sombre à nouveau  …

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