La reconstruction …

Après quelques jours, enfin conscient, j’apprends la terrible nouvelle : fracture de la vertèbre L1 et compression de la moelle épinière.

Traduction : t’as gagné le pompon en te cassant la gueule. Tu ne pourras plus jamais remarcher.

Bien sûr à cet instant tout semble s’écrouler autour de moi mais heureusement certaines personnes sont là et vous savez que peu importe ce qu’il arrivera, elles seront toujours à vos côtés, pour vous écouter vous plaindre, pour vous consoler et vous remonter le moral (et vérifier que la fenêtre est bien verrouillée emoticone) dans les plus grosses crises.

Il y a ma maman, toujours aussi solide dans cette tempête qui ébranle de nouveau sa vie.

Puis il y a Christelle, l’amour de ma vie, avec qui j’ai l’impression d’avoir toujours vécu tellement on se sent proche. Cet « évènement » nous a rapproché encore davantage je pense aujourd’hui, avec plus de recul.

Et enfin il y a la famille et les amis, qu’on aime mais qu’on n’a pas toujours envie d’écouter rabâcher sans cesse les mêmes choses.(« j’ai le copain d’un copain à qui il est arrivé presque la même chose et bien le gars maintenant il va super bien !!!emoticone)

Quelques bonnes surprises cependant, au fûr et à mesure que les jours passent : certains muscles se remettent à fonctionner comme par magie, sans que l’on sache pourquoi. C’est aussi ça qui est difficile. Les médecins ne se prononcent jamais. Lorsqu’il n’y a pas section de la moelle, il y a toujours des chances de récupération. Mais quand ? Pas de réponse … Il faut être patient c’est tout ! Et tous les matins on essaie :  »bouge bordel, bouge ! », en parlant à son pied.

Après 15 jours d’hôpital ( = 15 kg de muscle perdus à peu prés), direction la Tour de Gassies prés de Bordeaux pour se reconstruire physiquement et mentalement, pour réapprendre à vivre, tout simplement.

Des heures de rééducation dans des cages en fer à tirer des poids. Et c’est là qu’on est content de tomber sur un kiné avec qui le courant passe. Pour moi ce fut un rude montagnard : Guy Mourgaud qui faisait ses tractions sur des prises d’escalades accrochées au dessus de sa porte, qui nous gueulait dessus quand on n’avait pas la pêche, qui nous rajoutait des poids quand on osait ouvrir la gueule pour lui demander un massage.

Je comprends mieux pourquoi on ne voyait jamais de vieux dans sa salle. Ils n’auraient pas tenu une semaine.

Mais si j’en suis là aujourd’hui et bien c’est très certainement grâce à ce grand type au grand coeur qui ne me laissait pas de répit, me faisait monter les escaliers de Gassies avec des béquilles, attaché à une sangle, qui inventait sans arret des système pour verrouiller telle articulation, accélerer telle autre avec un élastique. Il me poussait à toujours aller de l’avant, toujours plus loin et surtout à ne jamais me plaindre.

J’y passerai presque 6 mois pour en sortir au début de l’été 2001, décidé à faire ma rentrée des classes en tant que prof de math à roulette, ce qui ne se fit pas sans peine comme vous pouvez l’imaginer.

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