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Mon retour sur les planches …

Chaque hiver, après mon accident, dés les premières chutes de neige, j’avais le cafard.

J’imaginais mes potes en train de se gaver et moi j’étais là, chez moi, assis dans mon fauteuil, devant la télé ou l’ordinateur.

C’est en 2005 que je me suis laissé convaincre par mon entourage qu’il fallait que j’essaye. (C’est vrai qu’après avoir presque obligé ma copine à se mettre au snow, celle ci n’avait qu’une envie c’était d’y retourner mais à chaque fois qu’elle y partait avec une copine, elle se sentait presque fautive la pauvre.)

C’est par une amie d’un collègue de ma mère, Béa, que j’ai découvert le matériel mais c’est surtout la façon dont elle en parlait qui m’a le plus donné envie d’essayer. Elle me donne alors le nom d’un moniteur à Barèges qui enseigne à des paraplégiques mais qui est un peu grande gueule, m’a-t-elle prévenue : François Laboissette (son école de ski).

Je décide de l’appeler sur le champs (enfin quand je dis « je » c’est bien sûr « ma copine » qu’il faut comprendreemoticone) pensant organiser une petite « sortie test » tranquillou dans quelques semaines. Et là il me propose de faire un stage de 3 matinées dés le lendemain matin 9h !!! emoticone Panique ! Un peu pris au dépourvu je finis quand même par accepter et nous voilà donc partis pour trois jours, à Barèges.

Je ne sais pas pourquoi mais je m’étais imaginé le truc trés plomplon, avec des virages en dérapage, à 2 km/h … Eh bien je m’étais bien planté ! Dés l’instant où j’ai posé mon derrière dans le fauteuil, que j’ai pris les stabilos en mains, François m’a dit « tu veux vraiment voir ce qu’on peut faire avec ça? » et avant même que je réponde, il prend le fauteuil, me demande de lever les stabs et désormais c’est lui qui pilote.

Et là, c’est la grosse claque ! Des sensations de vitesse, de proximité de la neige à chaque virage, des prises de cares de folie et sur tout type de terrain, l’amortisseur avalant les moindres bourrelets de neige. A la limite, si cet appareil n’avait pas été conçu pour les handis, ça aurait très bien pu être une autre alternative au ski et au snow.

Après mes 3 matinées de ski, je suis autonome (sauf bien sûr quand je me casse la gueule et que Christelle doit venir me ramasser) mais je pense que mon long passé de skieur et snowboardeur y est pour beaucoup. Le verdict du moniteur enthousiaste est que désormais il faut que je pratique un maximum pour progresser et il rajoute « et si un jour tu veux faire de la compétition et bien on pourra voir ça ensemble« . Mais pour l’instant ces paroles je ne les entends même pas tellement c’était pas mon truc étant jeune.

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Malheureusement c’est la fin de l’hiver et j’aurai fait en tout et pour tout 6 sorties cette saison là.

A l’inter-saison, François m’appelle en me disant qu’il a un bon plan pour moi : un skieur toulousain s’est malheureusement foutu en l’air et s’est salement amoché un bras. Il ne pourra plus skier et donc il cherche à revendre son VFC (modèle de châssis conçu par Pierre Tessier) en parfait état.

Affaire conclue, me voilà équipé.

Et à partir de ce moment, je vais retrouver la passion qui m’animait. Je vais à nouveau sentir ce doux frisson au moment de m’élancer sur une pente un peu raide. Je vais même refaire de la poudreuse, des sauts sur les kicks des snowparks, tracer des courbes sur la piste à faire pâlir d’envie les skieurs autour de moi, voir que le regards des gens est complètement différent de celui qu’on connait dans la rue, un regard plein de compassion. Non, désormais, c’est de l’admiration qu’on peut lire dans leurs yeux.

Sur une piste, dans un fauteuil, on est l’égal d’un valide !

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