Retour à La Molina

12 février 2009

Hé oui, après une fin de saison passés à La Molina pour ma toute première coupe d’Europe où les résultats m’avaient permis d’entrer en équipe de France, me voilà de retour.

Après un bref séjour aux Angles pour un « mini-stage » durant lequel j’aurais quand même cassé une paire de skis de super-G et j’aurais également voilé la base de mon châssis sur une très grosse gamelle en entraînement vitesse (merci au passage à Greg et à Loïs ainsi qu’à Pierre Tessier par la suite pour m’avoir dépanné), nous voilà parti pour La Molina, station espagnole célèbre pour sa fameuse piste vraiment très engagée… (sur laquelle ont couru les femmes « valides » peu de temps avant nous).

Je me souvenais qu’il y avait de la pente mais peut-être pas à ce point…

Le premier soir, avec mon colocataire de course, alias Fred François (pas le chanteur hein ?), en regardant la « start list » du géant du lendemain, je prend vraiment conscience du décalage énorme qu’il existe entre une coupe d’Europe et une coupe du monde.

Ici, au départ du géant beaucoup moins de coureurs qu’en coupe d’Europe : je dirais une quarantaine de bobs (en fait il faut avoir moins de 100 points FIS pour pouvoir participer).

Mais alors que des pointures : japonais, coréens, américains, canadiens, autrichiens, suisses, allemands et même anglais, suédois, néo-zélandais ou encore australiens (???).

Ça y’est : le stress commence à monter.

C’est sur cette impression de peut être ne pas être à ma place que je pars me coucher.

Il faut dire qu’il y a, à peine un an, je faisais mes tous premiers pas en compétition dans le circuit coupe de France, Aux Angles, juste à côté. Que de chemin parcouru en seulement une année…

Toute la nuit ma jambe m’a lancé d’énormes décharges comme souvent lors de crise de stress mais également comme toujours lorsque j’ai de la fièvre … Et oui, je n’arrive quasiment pas à trouver le sommeil et j’ai du dormir environ 2h à cause de la fièvre. Je n’y crois pas ! Tomber malade la veille de sa première coupe du monde !!! emoticone

Le matin, debout à 5h40 car l’ouverture des remontées est à 7h15 et la reconnaissance est prévue à 8h pour le premier départ à 9h.

Arrivés sur le parking de la station, les cadres s’activent à décharger tout le matos (skis, stabs, bobs) et nous filent un coup de main pour nous installer. C’est accompagné de Jean-Yves que je monte dans les premiers paniers … mais bizarrement quelque chose cloche … Il fait encore nuit !

En plus le télésiège est terriblement long et c’est limite si je m’endors pas. Le pauvre Jean-Yves a du me trouver d’une piètre compagnie durant cette longue … trop longue montée.

Du coup pour se réveiller on décide de s’en faire une, en nocturne. Plutôt déstabilisant (sauf peut être pour les aveugles emoticone).

J’avoue que je n’ai pas de grands souvenirs de la course tellement j’étais dans le colletard sauf que je suis arrivé en bas des deux manches.

  • En bas de la première manche j’ai le 13ème temps (pas trop mal je me dis mais en skiant un peu plus fort je dois pouvoir grappiller 2 ou 3 places. Quant aux premiers : il y a deux japonais largement devant et chez les frenchies on retrouve Jean-Yves à la 6ème place et Yohann à la 11ème.)
  • Au départ de la seconde manche, les cachets ne font plus trop effet et la fièvre revient me replongeant dans un état de torpeur. En plus le départ est au soleil … Je pourrais presque me laisser aller à piquer un petit roupillon en attendant mon dossard. Mais non, il faut repartir même si la rage n’est plus là (quelque part c’est pas plus mal au moins j’ai pu arriver en bas)

A l’arrivée non seulement je n’ai pas récupéré de places mais 2 personnes me sont passées devant et du coup je me retrouve 15ème (et toujours 3ème français).

Pour une première coupe du monde je me dis que c’est pas mal mais je comprends aussi que les premiers (genre les 2 japonais) sont tellement forts et nous mettent de tels chronos dans la vue qu’il est impossible de faire des points. (Jean-Yves qui termine 6ème marque 46 points !!! Et moi qui visais une perf à moins de 50 points, il va falloir que je m’accroche)

Le lendemain rebelotte sauf que, comme je ne me suis pas soigné, je suis encore plus malade et j’ai encore plus de fièvre. La différence est que j’ai juste pu dormir quelques heures de plus.

Toujours le même rituel le matin avec le lever à 5h40, l’ouverture des remontées, la reco. et les départs.

Compte tenu que j’ai compris qu’en coupe du monde il fallait tout lâcher si on voulait marquer des points et surtout pas assurer et bien dés la première manche je me lance tel un mort de faim à tel point qu’en retard sur les portes du bas mon stab se prend dans la porte et je prends un belle gamelle par dessus les filets de protection (ou par dessous … j’avoue que c’est un peu flou)

Dommage ! Mais qui ne tente rien n’a rien…

Les 2 jours suivant c’est slalom mais comme j’ai pas les points je n’ai pas le droit d’y participer. Tant mieux comme ça je vais pouvoir en profiter pour aller voir un docteur …. et puis ensuite direction l’Italie et Sestrières pour une coupe du monde de vitesse.

Au programme : 2 descentes, 1 super-G et un super combiné.

Au passage un gros, très gros bravo à Vincent Gauthier-Manuel le Jurassien qui, sur 4 courses a fait 4 podiums dont deux fois premier et s’empare donc du maillot de leader de la coupe du monde.

Mais aussi un grand bravo à mon pote Jean-Yves, qui a bien fait de venir s’entrainer à Gourette pour les vacances de noël, car il remporte sa première manche de coupe du monde en slalom.

Kühtai, que dalle …

4 janvier 2009

L’avantage de Kühtai, c’est que ce n’est qu’à 40 minutes de Pitztal.

Au programme des réjouissances : slalom puis géant et enfin super combiné.

Première bonne surprise : l’hôtel comme vous pourrez le voir sur les photos et en particulier sa piscine et son jacuzzi.

Lhôtel Konradin à Kühtai
Album : L'hôtel Konradin à Kühtai
Photos de l'hôtel mais principalement de sa piscine.
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Rarement je n’aurais autant été à la piscine de ma vie. Certes, pas forcément pour avaler des longueurs, mais plutôt pour profiter de son ambiance feutrée et son jacuzzi multicolore. (sans parler des grandes batailles qui ont été livrées à coup de petits canards innocents)

Après trois jours à skier sur Kühtai avec un superbe temps (et à squatter les tracer d’entraînement des japonais fautes de piquets et d’entraîneurs non prévus par la fédé ???) et malgré le mauvais temps annoncé pour les trois jours de compétition, j’étais super motivé en voyant la piste très sélective où se dérouleront les courses. (beaucoup de domes et de petits murs à négocier : enfin une vraie piste !)

Station de Kûhtai
Album : Station de Kûhtai
Quelques images de la station avant et après les courses
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Pour décompresser un peu, on décide d’aller faire un tour au marché de noël à Innsbruck. C’était pas triste ! Y’a qu’à voir les photos …

Innsbruck
Album : Innsbruck
Petite incursion dans le marché noël d'Innsbruck avec mes chers acolytes
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  • Premier jour : le slalom (ma bête noire)

Bon, ben comme d’hab’ j’ai envie de dire…. Quelques portes et puis s’en va ! Il va vraiment falloir en manger pour arriver en bas sans ramasser trop de secondes à l’arrivée.

Par contre superbe duel que se sont livrés notre Jean-Yves Le Meur national et le Japonais Suzuki (monstrueux !). Au final ce sera une première victoire pour Suzuki qui a fait une démonstration de ski et Jean-Yves termine second (depuis je regarde la vidéo du passage de Suzuki en boucle en croyant un cauchemar).

Fred est déçu de sa perf’ et Cyril nous a montré qu’avec un dual c’était possible de faire de très belles choses, même en slalom. Quand à Delph et Lolo et bien, disons que leur parcours et le mien ont un certain point commun avec une ÉNORME « Goubiade » à l’arrivée pour Delphine.

  • Deuxième jour : géant.

Malgré les quelques 10 centimètres tombés dans la nuit, les machines ont fait leur travail et la piste est fin prête à accueillir ses coureurs …

Les échauffements se font en dehors de la piste, dans un mélange de neige dure et de poudreuse.

Ce matin j’ai un peu de mal à skier : je tombe souvent, les skis sont difficiles à tourner mais bon la neige ne s’y prête pas vraiment. Du coup je n’ai qu’une envie : pénétrer dans cette arène encore vierge, que nous n’avons pas encore pu skier depuis notre arrivée à Kühtai.

La reconnaissance ouvre enfin ! Je revois parfaitement le tracer, encore aujourd’hui.

Grosso modo, trois dômes avec des portes décalées dés le départ suivis d’une prise de vitesse importante dans la banane où il ne faudra pas trop se lâcher, avant d’arriver sur LE mur assez pentu mais où un traceur malicieux s’est amusé à nous coller une banane très bizarre et enfin un dernier dôme suivi de quelques portes très tournantes avant l’arrivée.

Mon départ approche.

La pression monte tranquillement mais c ‘est l’excitation qui prend le pas sur tout le reste. Je n’ai qu’une envie c’est m’élancer dans ce mikado géant, presque un boarder-cross tellement le terrain est mouvementé.

Les dernières consignes de Chouchou et je rentre enfin dans la cabane départ.

3  …..  2  …. 1 …. et c’est parti.

Premier virage et là, j’ai l’impression que mes skis se sont ligués pour me pourrir le cadeau offert par le traceur… Aucun moyen de les faire tourner en coupé. Je suis obligé de faire partir l’arrière en dérapage pour pouvoir prendre la porte suivante.

J’ai bien compris que quelque chose n’allait pas.

Après une dizaine de portes, je m’arrête sachant très bien que de toute façon je n’arriverais jamais en bas.

Chouchou me rejoint en bas l’air un peu hébété et je lui explique cette sensation de n’avoir pu contrôlé mes skis. Il inspecte les cares de mes skis pour voir si par hasard il n’y avait pas du fil et en remontant vers la spatule il me regarde et me souffle : « ton ski est cassé au niveau de la spatule. Regarde les cares sont cassés et ressortent de chaque coté de ton ski. Normal que tu sois resté planté dans tes virages… »

D’un côté ça me rassure de savoir que c’est un problème matériel mais d’un autre je me dis : »toutes ces bornes pour ce géant et j’ai même pas pu finir une manche …« . Quelle déception !

Sur la première marche du podium :  l’incroyable Suzuki bien sûr.
Quant à mes amis : Jean-Yves termine 3ème après avoir réalisé une superbe seconde manche (il a repris 3 places), Yo déchausse sur un appui dans la première manche, Cyril tombe à la seconde manche malgré un superbe premier passage, Fred ainsi que Delph sont très déçus de leur performance, très en dessous de ce qu’ils sont en droit d’attendre de leur ski. Quant à Lolo, il termine ses deux manches et marque ses premiers points FIS en géant. Félicitation.

Lors de la remise des prix, on apprend que le super combiné du lendemain sera remplacé par un autre géant.

Ouf ! soulagé. J’avais peur qu’ils nous collent encore un slalom…

Je me dis alors que c’est l’occasion de me remettre en selle, grâce au ski de géant prêté par Fredo.

  • Dernier jour : le géant de secours …

Dans le garage, habillé et prêts à partir pour le stade de slalom, on constate que ni les suisses, ni les japonais n’ont l’air très pressés de partir pour en découdre.

Normal. On apprend dans la foulée que compte tenu de la grosse chûte de neige pendant la nuit, le stade est impratiquable et que du coup, la course du jour est annulée. Encore…

Plutôt déçu mais également un peu content de rentrer à la maison après 17 jours passés avec mes compagnons de course.

Le bilan de ces 2 premières coupes d’Europe est très mitigé.

- Bon, le slalom, c’est pas mon truc mais je le savais.

- En géant je reste très déçu par ce tracer de Kühtai que je n’aurai même pas pu skier.

- En super G, une seule course sur une « pente » très faible me laisse un peu sur ma faim.

Vivement les prochaines échéances : deux coupes du monde en janvier. Deux géants à La Molina en Espagne et une descente (une première vraiment excitante pour moi) et deux super G à Sestrières en Italie.

De Pitztal à pist’ plate, il n’y a qu’un pas …

3 janvier 2009

Ça y’est je suis sur les starting-blocks.

L’aboutissement de ce pour quoi on s’entraîne depuis la mi-octobre maintenant :

Départ de Pau, avec mon acolyte Chouchou, direction Toulouse pour récupérer mon pote Lolo Goubier puis ensuite arrêt à Sête pour récupérer Finette Le Sausse dite Hulkette (à cause de sa musculature hors norme) ainsi que Greg Nouhaud (le sherpa de Lolo), un moniteur de Font Romeu, bien motivé pour découvrir le milieu handi (je crois qu’il n’a pas été déçu …) et enfin, dernière halte à Grenoble pour charger Fred François (pas le chanteur hein ?) dans notre beau Ford Transit flambant neuf (prêt à exploser tellement il est plein).

Et en avant le convoi …

Après un mini-stage éclair poudreuse/géant/ »cassage de skis » à Tîgnes, nous voila partis pour l’Autriche …

Avant de partir en Autriche ...
Album : Avant de partir en Autriche ...
Quelques photos du petit stage à Tignes
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Arrivée dans la vallée de Pitztal dans la soirée et surtout sous la neige (merci à nos deux sherpas de s’être gélé les mains pour chaîner) ce qui ne nous permettra pas de profiter du paysage magnifique offert par cette vallée mais les jours suivants nous offriront quelques belles éclaircie safin de nous émerveiller de ces superbes panoramas.

Bref, ne nous égarons dans des contemplations de la nature Tyrolienne et restons concentrés sur la compétition.

Nous attendent ici : un slalom, un géant puis un super combiné (une manche de super G et une manche de slalom) et enfin un second géant (qui fait office de championnat d’Allemagne mais ouvert à toutes les nations).

Mais ce sont surtout les armadas de Japonais (avec l’invincible Suzuki) de canadiens, d’allemands, de suisses et d’autrichiens qui n’attendent qu’une chose : nous mettre une valise de secondes à l’arrivée de chaque épreuve.

 

  • Le premier jour : annulation du slalom (Oohhhhhhhh ! Quel dommage !!!!!!!!!!!! Surtout avec le dossard que j’avais …)

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Bon vous aurez compris que je ne venais pas vraiment pour cette épreuve.

Du coup, la malette de poker n’aura pas fait le voyage pour rien.

  • Le deuxième jour : géant sous la neige.

Bizarrement, je stresse plus que l’an dernier à La Molina, où j’y étais allé un peu en touriste.

Ici je dois convaincre et surtout confirmer mes points de l’an passé si je veux pouvoir être crédible en me présentant aux coupes du mondes à venir.

Le tracer est vraiment tranquille (trop ?) avec juste une vraie pente de 4 portes au départ, qui donne l’élan pour le long (trééééés long) faux plat jusqu’à l’arrivée dans une neige poudreuse très piégeuse.

Souvent trop aggressif, pas toujours dans la bonne trajectoire…mais je suis en bas des 2 manches.
Le bilan : une 9ème place plutôt encourageante (sûrement grâce à la bonne préparation de mes skis par Chouchou).

Quant aux points marqués, (environ 70) je suis assez satisfait, sans être pour autant euphorique.

Devant moi, Yohan Taberlet termine au pied du podium, à seulement quelques centièmes du 3ème et quant à Finette, elle prend une bonne pelle à la deuxième porte.

  • Le troisième jour : super G et super combiné.

C’est toujours sur la même piste, super plate, et la même neige, super molle, que se déroulera l’épreuve dite de « vitesse ».

Après une reconnaissance très complète faite par Yohann, notre spécialiste de vitesse, la consigne est de « tirer droit » entre les portes et de skier comme sur des oeufs.
Bon, je ne sais pas si j’ai tendu suffisamment mes trajectoires mais pour ce qui est des oeufs, on a pu se faire une bonne omelette à l’arrivée.

En bas, Yo a la banane : – « j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.« 

- Commence par la mauvaise.

- Tu ramasses 6 secondes (arghhhhhhhh ….)

- Et la bonne ?

- C’est moi qui te les mets.

Effectivement c’est Yo qui gagne avec plus d’une seconde et demi d’avance sur le second et moi je finis 14ème (2ème français avec une perf’ à 85 points environ je crois)
Je crois que j’ai pris une bonne leçon. Skier vite ne veut pas dire skier fort. La notion de glisse est primordiale en ski.

Sur ce tracer j’aurais péché par manque d’expérience.  A l’avenir je saurai à quoi m’en tenir sur ce type de neige.
« Et la manche de slalom pour le super combiné ? » vous me direz. Et bien le slalom reste ma bête noire, même en Autriche. J’ai bien du faire 20 portes avant de sortir je pense.

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  • Dernier jour : annulation du second géant (dans la nuit il était tombé près de 50 cm de poudreuse).

    Et bien voilà, après avoir rechargé le camion jusqu’à la gueule, on repart de Pitztal sous un soleil magnifique avec un sentiment de travail fait, et même plutôt bien fait, mais qui aurait pu être encore meilleur, comme je mets souvent sur la copie de mes élèves.

    PITZTAL
    Album : PITZTAL
    Quelques photos pour montrer plutôt l'ambiance après-ski que l'aspect vraiment compétition (vous l'aurez vite compris)
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    Allez, on se reconcentre et en route pour la seconde coupe d’Europe en Autriche : en avant pour Kühtai !

    Et là, je pleure …

    1 décembre 2008

    Ca y’est, l’ouverture des stations Pyrénéennes c’était ce week-end.

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    Au programme: de la neige à ne plus savoir quoi en faire mais bon, les projets sont très précis pour le week-end : skier les nouveaux skis de  géant de chez Rossignol pour m’habituer à leur dureté et aux nouvelles côtes. Mais surtout pas, aller faire le c.. sur les bordures où dans la poudreuse pour ne pas les abîmer.

    Malgré le temps plutôt maussade, je me décide à monter à Gourette avec ma chérie pour essayer de dompter la bête (je parle des skis bien sûr emoticone).

    Après deux, trois descentes d’échauffement, je commence à sentir de très bonnes sensations et à prendre de l’assurance.

    Vers midi, le brouillard se lève. Chouchou m’encourage à engager davantage pour voir ce qu’ils ont vraiment dans le ventre ces fameux skis et jusqu’où je peux aller avant la rupture.

    Et bien ce ne fut pas long …

    Après quelques virages plutôt tranquilles, je me fais jeté sur l’avant par une bosse que je n’avais pas anticipée et je part dans une sorte de cabriole.

    Je relève la tête et je me rends compte, chose assez rare, que j’ai déchaussé un ski ??? Je le regarde : la fixation a bien joué son rôle de soupape et le ski n’a aucun dégât.

    Chouchou, arrive un peu affolé : « t’as rien ? »

    « Ben, non. J’ai juste bouffé un peu de neige … »

    « Bon ça va alors. Par contre tes skis sont morts … Je rigole pas. »

    Et là je regarde le ski encore accroché sous ma coque et d’abord je ne vois pas ce qu’il veut dire.

    Puis d’un coup ça me saute aux yeux : le ski fait un angle vraiment bizarre dans la neige …

    Normal. Il  a complètement explosé derrière la fix et il n’y a que la semelle qui retient désormais les deux parties. Je crois avoir pris trop au pied de la lettre la demande de Chouchou qui était de  » voir ce qu’ils ont dans le ventre… ».

    Là, je percute l’horreur de la situation : dans 5 jours je pars en Autriche et je n’ai pas de skis de géant aux normes. Jamais je ne pourrai prendre le départ d’une course.

    Demain j’appelle chez Rossignol et maintenant, avant de me coucher, je vais prier pour que Manu ait gardé une paire de côté, « juste au cas où ».

    La nuit porte conseil…. je préfèrerai qu’elle porte des skis.

    Troisième round : arrêt de l’arbitre.

    26 novembre 2008

    Après 8 heures de route avec ma célèbre skieuse (déjà 4 médailles à seulement 20 ans !) ainsi que championne du monde des pipelettes, j’ai nommé Solène Jambaqué de Peyragudes, nous sommes bien arrivé à Tignes pour ce qui doit être le dernier stage avant d’attaquer les premières compétitions.

    Après un premier jour de géant où je manque un peu de pep’s et un second de slalom durant lequel je me serai encore fait torturer, c’est la tempète qui nous arrive dessus.

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    Le troisième jour, on monte au funiculaire mais pour disputer … un grand tournoi de cartes :  les câbles des remontées étant complètement givrés par un vent très violent et surtout glacial.

    Ça y’est la neige arrive enfin sur Tignes, mais pas comme on voit dans les films romantiques au cinéma, où les acteurs s’amusent à gober les flocons.

    Non, ici, c’est par rafales à 80 km/h qu’on bouffe de la neige.

    L’après midi, c’est une partie de foot/volley/basket entre valides/debouts en béquilles/fauteuils et je vous laisse imaginer ce que ça peut donner, hormis une bonne crise de fou rire pour la majorité des joueurs.

    Le lendemain, de l’avis général, chacun prend ses cliques et ses claques et rentre au bercail, non sans avoir pris soin de faire installer les chaînes par nos chers cadres : merci à eux.

    La bonne nouvelle, tombée pendant le stage est que ça y’est, nous allons avoir nos skis de géant ! Des 186 cm avec un rayon de courbe de 27 m, tous neufs. Il me tarde déjà de les essayer pour voir ce qu’ils ont dans le ventre.

     

    Second stage : on prend les mêmes et on recommence …

    24 octobre 2008

    Me voilà de retour (en fait hier mais j’ai du dormir à peu près 20 h d’affilé) de mon second stage avec l’équipe de France à Tignes. C’est toujours avec le même plaisir que je retrouve mes camarades de jeu. Seul Denis Barbet nous fera faux bond pour cause de santé.

    Cette fois-ci, ce sera notre Air-Cap’tain’ Jean-Yves Le Meur qui sera mon colocataire dans l’hôtel (y’a pire non ???emoticone).

    On a même eu la chance de se retrouver dans l’h ôtel avec les filles de l’équipe de France de slalom (le morphotype de la skieuse a vraiment changé emoticone… Terminé les skieuses qui avaient des cuisses de rugbyman.) C’était un vrai plaisir de les voir à l’entraînement. Et en dehors ? Et bien s’était pas mal non plus vous l’aurez compris.

    Sinon le spectacle est toujours au rendez-vous : une équipe italienne travaille en super-G sur la piste de vitesse, quelques français travaillent également sur un tracer de descente (sous le regard d’un staff assez impressionant) et au dessus de nous ce sont les garçons de l’équipe de slalom qui s’entraînent.

     Ce fut un immense bonheur de retrouver le glacier sous le soleil et l a neige fraîche cette semaine encore. Je retrouve également et toujours avec autant de stupéfaction l’enchevêtrement des tracés des différents clubs de la région, de groupes de la fédé et d’autres nations (il y avait même des japonais cette fois ci). Y’a pas à dire : Tignes semble vraiment être La Mèque du ski de compétition d’avant saison.  

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    Voilà pour l’ambiance générale sur le glacier : des piquets partout, des coureurs de toutes nations qui grouillent autour, un niveau énorme dans le ski valide et surtout un spectacle permanent pour mes yeux de néophyte.

    Et les handis, vous me direz ?

    Et bien les deux premiers jours ce fut du slalom (alors le slalom pour expliquer un peu, c’est un peu un mélange de boxe, de ski et de torture pour moi. Surtout de la torture en fait).

    Mes premiers prototypes de protection n’étaient pas encore au point et du coup, le 2ème jour, l’intérieur de mon bras droit est noir à force de prendre des piquets sur le biceps … Du coup c’est plus facile pour placer les protecs pour le lendemain … Y’a qu’à suivre les contours du bleu.

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    Mais bon, au final, je suis pas mécontent de mon ski : même si mon principal problème reste d’arriver en bas du tracer, je commence petit à petit à apprécier cette discipline et mes trajectoires se font moins approximatives, mon ski est plus précis dès le moment où j’ai compris que ça ne servait à rien de vouloir casser les piquets et qu’avec un peu de douceur et de fluidité, mes chances d’arriver en bas montaient en flèche.

    Le 3ème jour c’est le super-G tant attendu … Pour l’occasion, on a même droit à un des 3 couloirs de la piste de vitesse…

    Du coup ça fait un peu bizarre de passer des skis de 1m65 à des skis de 2m01 mais bon c’est la mode cette année avec l’apparition de plus en plus de supers combinés (1 manche de super G et 1 manche de slalom) sur le circuit européen.

    Mon ressenti sur cette journée : c’est peut être quand même un peu de frustration qui l’emporte. Seulement 4 passages (les rotations sur 2 téléskis pour revenir au départ étant très longues) et je n’ai vraiment bien négocié le mur qu’une seule fois.

    Mais bon c’est toujours agréable de faire un peu de vitesse et j’espère avoir montré que j’avais un gros coeur comme dit P. Bott notre co-entraîneur (par interim ?)

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    Les 2 derniers jours ce sera du géant, toujours sous un soleil radieux. Bon ski et bonnes sensations.

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    Malgré cette semaine sous le soleil, je n’aurai pas pris beaucoup de couleurs (en fait je dois avoir les pommettes et le bout du nez qui ont un peu bronzé, le reste étant sous le masque, le casque ou les poils de barbe) mais c’est encore ravi d’avoir plutôt bien skié dans des conditions de rêve que l’on a pu rentrer dans nos Pyrénées (merci Chouchou qui s’est cogner la route seul jusqu’à Toulouse, Laurent étant quasiment K.O. suite à une très grosse gamelle le matin)

    Maintenant, il me tarde de commencer les premières compétitions en Autriche qui seront décisives pour la suite de cette saison et de la suivante très certainement.

    Si les résultats sont bons, je  pourrai participer aux 2 premières manches de coupe du monde en Espagne et en Italie et peut être baisser suffisamment mes points (le but étant moins de 50 points FIS) pour que mon DTF et mon entraîneur m’emmènent dans leurs bagages avec l’équipe pour les championnats du monde en Corée au mois de Février,

    Cette sélection sera quasiment synonyme de sélection pour les jeux de Vancouver l’année prochaine… Qui skiera, verra …emoticone

    Sur ce petit résumé de ma semaine (trop long ??? j’ai pourtant pas parlé des après midi passés dans le spa avec Pierre Bott, véritable show-man à ses heures qui nous gratifié de sa chorégraphie plus que suggestive de la digue du c– emoticone) , je vous dis à très bientôt pour le dernier stage à Tignes dans 3 semaines.

    A très vite tout le monde

    Nicolas

    Premier stage à Tignes avec l’équipe de France :

    14 octobre 2008

    Ca y’est, la saison a déjà démarré !

    Dès le 3 octobre, c’était le premier stage à Tignes, sur le glacier, transformé pour l’occasion en véritable stade de slalom. (Le skieur ou snowboardeur  »loisir »était d’ailleurs très rare) On ne comptait que des coachs (français, italiens, espagnols, québécois et j’en passe) avec bien entendu toute une troupe d’acharnés qui va avec.

    Le glacier ressemble à un gigantesque jeu de mikado, traversé en son centre par le téléski qui nous permet de nous présenter au départ. Pour moi qui découvre ça, c’est un véritable émerveillement :

    • sur la droite, une partie de l’équipe de France valide de descente s’entraîne et nous passent à quelques mètres, comme des avions emoticone. C’est un vrai bonheur pour les yeux et les oreilles de voir skier à ce niveau …
    • au dessus c’est l’entraînement géant avec des skieurs toujours aussi doués,  que je n’avais encore jamais vu qu’ à la télé.
    • à gauche, il y a de tout : du slalom et du géant principalement mais les tracés son t parfois séparés que de quelques mètres.

    Le premier jour : tempète emoticone.

    Les câbles ont gelés pendant la nuit et du coup le métro qui permet de monter à 3 200 m est bloqué. Pas de ski pour cette fois et donc le stage commence par une grosse frustration.

    Le second jour, ça y est ! Enfin, c’est le grand bonheur : grand soleil, 20 cm de neige fraîche tombée la veille emoticone. Ski libre pour retrouver doucement des sensations (je vous rappelle que la dernière fois que je suis monté sur des skis, j’ai fini en hélicoptère avec une épaule au niveau de la poitrine)

    On doit pouvoir trouver pire comme conditions pour une reprise.

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    Mais la première mauvaise surprise vient du choc du à l’altitude. Et oui, habitué à mes chères Pyrénées, je ne me préserve pas et du coup dès les premiers instants, un malaise se fait sentir : plus de soufle, les bras en coton et les papillons dans les yeux. Et je n’ai toujours pas commencer à skier !!!

    Ce sera long mais j’ai fini par apprendre à gérer mes efforts et à m’économiser pour tout lâcher dans les piquets.

    En effet après 2 jours de ski libre, on enchaîne sur 2 jours de géant. La coque de mon bob, réalisée par la société Albatros m’a donné pleine satisfaction et me laisse une liberté au niveau du tronc que je n’avais pas l’an passé. Du coup je peux me permettre de donner davantage d’angle et de prendre plus de risques. (et donc parfois quelques gamelles ou sorties dans le tracer)

    Finalement après 4 jours de ski assez épuisants, je sors de ce stage pleinement satisfait et ravi de ma reprise.

    Ce fut surtout, un spectacle permanent de voir passer les coureurs valides dont la techniques et la vitesse m’ont bien souvent scotché.

    Il me tarde déjà vendredi prochain pour recommencer. Surtout qu’on nous a dit d’amener les skis de super-G donc il risque d’y avoir des sensations et aussi du frisson.

    On en oublierait presque qu’à chaque fois on doit se cogner plus de 10 h de route pour y aller… Merci Chouchou et Lolo au passage de vous être cogné la route à tous les 2.

    Allez, à très bientôt pour un bilan du second stage.

    Quelques nouvelles enfin, avant le grand BOUMM !!!

    15 septembre 2008

    Alors, beaucoup de choses se sont passées cet été et ça commence à me démanger sévèrement au niveau du cerveau.emoticone

    • La première chose,  ce qui aura tout déclenché c’est que je fasse partie de l’équipe de France B emoticone qui s’appelera cette année, le « collectif national » et qui aura pour principale tâche de défendre les couleurs de la France au niveau européen (Autriche, Suède, France, Slovaquie : je vous en ai déjà parlé).

    Le premier stage commencera le 3 octobre à Tignes et il me tarde vraiment d’y être. Pas seulement pour skier à nouveau (même si c’est vrai que ça me démange de plus en plus) mais aussi pour retrouver les potes de l’an passé (qui ont connu quelques déboires physiques cet été, n’est ce pas Fred, ou encore Delphine ?)

    Il me tarde également de rechausser les skis pour essayer ma nouvelle coque. emoticone

    Oui, pour ceux qui me connaissent, vous ne rêvez pas. J’ai bien dit ma nouvelle coque.

    Pas ma « nouvelle réparation de coque« . Non ! Ma nouvelle coque ! Faite par des professionnels, moulée sur moi.

    Terminé le « colonel Moutarde« . Maintenant ce sera soit le  »Dual in black » ou encore « Dark Dual« .

    emoticone Ca me stresse aussi un peu car j’attends énormément du travail de l’entreprise Albatros qui je l’espère me fera un petit bijou (et à première vue ça à l’air plutôt pas mal, après un premier essayage).

    Je la récupère jeudi 2, pour les derniers réglages et les sanglages puis en avant pour Tignes le lendemain.

    • La deuxième chose qui m’a vraiment fait chaud au coeur, c’est de voir que ma hiérarchie me soutenait dans mon projet.

    Le recteur de l’académie de Bordeaux (avec l’appui de mon proviseur), m’autorise à m’absenter aussi souvent que j’en aurai besoin ; une remplaçante fera un mi temps et sera mise à disposition lors des stages et des déplacements. En plus, je n’aurai plus les parents d’élèves sur le dos : »et le programme, hein ? Il va se terminer tout seul ??? Y’a le bac à la fin !« 

    J’espère vraiment me montrer digne de la confiance qu’ils ont placé en moi.

    L’hiver nous le dira….

    Eté plutôt tranquille à la plage …

    30 août 2008

    Après avoir fait mes trois semaines de réeducation pour soigner cette malheureuse épaule, les vacances d’été sont rapidement arrivées. Deux mois de muscu, à soulever de la fonte pour me faire des pecs et des abdos digne des « Dieux du stade ».

    Franchement vous y avez cru ? Deux mois à la plage à profiter tout simplement. On n’est pas non plus des boeufs, on a le droit de se reposer et de ne rien faire.

    J’ai pu profiter des belles plages landaises et de ses magnifiques vagues, faire un peu de waveski.

    photo481.jpg lola089.jpg sanstitre16.jpg photo469.jpg photo465.jpg

    wave2.jpg wave6.jpg wave18.jpg

    Tranquille quoi … pas de risque de blessure surtout !

    Rookie of the year !!! Yeah !!!

    12 août 2008

    Bon ce qui regardent le basket ou le foot US auront compris : j’ai eu l’honneur d’être élu  »skieur ayant eu la plus forte progression cet hiver« .

    Qui a dit que je partais de tellement bas ??? Ça fait toujours plaisir !

    Si vous lisez l’article, ne vous trompez pas : j’ai pas eu le titre de meilleur vétéran (ça c’est pour Jean-Marc, notre joueur de carte national) mais bien de plus forte progression.

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