3. Championnats de France (Molines)

Et bien oui pour la seconde année consécutive, par manque de neige, les  championnats de France ne se feront pas dans les Pyrénées. C’est la station de Molines en Queyras (prés de Briançon) qui reprend le bébé au dernier moment. La mauvaise nouvelle c’est qu’il n’y aura pas d’épreuve de vitesse  : ni super G, ni descente (emoticonela seule programmée cette saison !) et pas non plus de course FIS.

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Au programme : un slalom emoticone, un géant et un combiné (une manche géant puis une manche slalom). Les trois courses se dérouleront sur la piste qui a accueilli la manche de coupe du monde en janvier.

Je retrouve tous les gars rencontrés sur les premières courses : Manu Guillon et Manu Senin, Fred François (pas le chanteur), Delphine, Chistophe, Jean-Yves (pour ceux qui n’ont pas lu ses récits des JO de Salt Lake et Turin, je vous conseille très fortement d’aller voir sur le lien ! Il écrit de façon remarquable et c’est un pur plaisir de le lire et le relire) ainsi que tous les anciens dont Jean Marc, Michel, etc…. Je fais également, durant ces trois jours, la connaissance de Yohann Taberlet un autre membre de l’équipe de France qui, d’entrée, me fait une bonne impression (grande gueule qui se prend pas du tout au sérieux : j’aime ça).

Je suis un peu déçu de ne pas voir sur les liste ni Cyril Moré , qui se prépare pour les jeux de Pékin en escrime (gros espoir de médaille), ni Denis Barbet, toujours pas remis d’un gros pépin physique qui l’a tenu éloigné des pistes presque tout l’hiver.

A l’hôtel je suis en chambre avec mon pote Lolo Goubier et sa femme Annie ainsi que mon coach/préparateur/sherpa mais surtout ami, vous aurez reconnu bien sur Chouchou ! Également François Laboissette nous rejoindra mais dormira avec le staff de l’équipe de France.

  • Premier jour : slalom

La consigne était : « bon les gars, aujourd’hui il faut arriver en bas donc on assure, ok ? ». Bon moi je voulais bien mais premièrement le slalom et moi ça fait deux. Deuxièmement je ne dois pas savoir ce que veux dire assurer parce que si ça signifie skier comme une charrette et prendre 30 perles à chaque manche par Jean-Yves, euh … non merci !. Troisièmement : je l’ai dit que c’était du slalom ? oui ? Bon.

Le premier départ approche et bizarrement je suis très détendu, harnaché comme si je partais à la guerre avec mes carrés de mousse pour me protéger les miches et les genoux, mais détendu parce que je savais qu’arriver en bas d’un slalom pour moi ce serait une première. Depuis tout gamin, que ce soit en valide ou depuis que je suis dans un bob, je n’ai jamais terminé ne serait ce qu’une manche de slalom. Alors deux ! J’appelle ça « la malédiction slalom« 

Après avoir fait une bonne reconnaissance avec Chouchou et avoir repéré les doubles et les triples, on remonte et je me place dans le portillon de départ. Dés le premier plat, je sens que j’avance pas terrible mais bon je suis toujours dedans. Je rentre dans le mur et là, à la première difficulté (une double), je me met en vrac et me colle une petite gamelle. Bon, ben, voila : la malédiction a encore frappé … Mais le pire dans tout ça c’est qu’ à aucun moment je ne me suis fait plaisir. J’avais tellement en tête d’arriver en bas, que je ne pensais plus à mon ski.

Le seul intérêt de sortir à la première manche c’est qi’on peut ensuite regarder passer Jean-Yves. Il a skié comme il sait si bien le faire, sur les deux manches et il pose donc le second à 26 secondes et le troisième à 30. Yohann, tombe aussi dans la première manche quand à Lolo il termine mais avec un temps pas terrible. Celui qui passe vraiment à côté de quelque chose aujourd’hui, c’est Manu Guillon qui est sorti alors qu’il avait certainement un podium à faire.

Finalement :

  1. Jean-Yves
  2. Michel Raymond (trop bien pour lui !!!)
  3. Fred François (pas le chanteur)

  • Le lendemain, c’est géant.

Après une bonne nuit de sommeil, à nous ronfler dessus avec Chouchou, je me réveille super motivé en me disant « aujourd’hui tu n’assures rien ! Tu défonce tout le monde! ». En fait j’avais seulement en point de mire Fred et Franck ; Yohann et Jean-Yves me paraissent encore intouchables.

Chouchou m’avait préparé des skis de fou. On fait la reco ensemble pour repérer les endroits du tracé les plus tendus et ceux où je pourrai lâcher les chevaux pour montrer un peu ce que j’ai sous le capot. En remontant, l’excitation commence à vraiment se faire ressentir : il fait beau, la neige est super douce et mes skis, c’est de la balle. Tout est réuni pour passer une bonne matinée de ski.

Je m’avance dans la cabane de départ et je regarde Franck s’élancer. Viens alors mon tour. Je me soulève sur les stabilos pour me  »jeter » dans la barrette de départ. C’est parti !

Les premières portes donnent le rythme puis arrive le premier mur assez tournant mais sur lequel il ne faut pas faire de faute sous peine d’arriver sur le plat sans vitesse. Je suis assez haut avec des trajectoires assez rondes pour ne pas me mettre en retard et du coup j’arrive assez vite sur le plat où je peux relancer entre les portes. Je plonge dans le second mur assez raide et en dévers et malgré certaines portes où la neige a laissé place à de la glace vive, (merci Chouchou pour les skis) je passe sans trop de fautes et termine sur le plat en poussant encore au maximum. Ca y’est, la ligne d’arrivée est passée.

Je m’approche du tableau des temps et je vois que je suis 4ème à 13 centièmes de Fred derrière Yohann et l’intouchable Jean-Yves. Je chambre un peu Fred et je remonte avec Chouchou. Je me dis qu’en étant plus à l’attaque dans les murs, je dois pouvoir manger Fred.

C’est dans cet état d’esprit que je m’apprête à faire la seconde manche. Entre temps il a fallu reconnaître le second tracé. On a bien repéré une porte assez tournante sur un dôme, juste avant le plat d’arrivée mais on se dit qu’en étant vigilant ça devrait aller sans problème. Ce tracé est assez similaire au premier.

Je pars à nouveau derrière Franck qui a signé le 5ème temps. Le tracé est toujours aussi agréables à skier. J’entre dans le premier mur en étant plus offensif, avec des lignes plus directes. Je dérape un peu mais je sens que je vais plus vite qu’à la première manche. J’enchaîne sur le plat où je suis plutôt propre et rapide et j’entame le dernier mur avant le plat d’arrivée.

Et puis là, sur ce p…. de m…. de dôme à la c…. que j’avais bien repéré et où je m’étais dit attention c’est « casse-gueule » ici., je décolle à peine pourtant mais, dés que mes skis retouchent la neige, je fais une faute de care et prends une bonne grosse pelle. Bien entendu, un petit hurlement de rage avant de me relever mais bon là, je suis sur du plat donc pour repartir il faut sortir les voiles, la pagaie, se coller une fusée dans le c…Dégoûte, je tire droit. Les contrôleurs n’ont même pas remarqué que j’avais loupé 2 portes et je me retrouve donc classé … à 26 secondes de Jean-Yves (sic !). Yohann quant à lui prenant également une pelle, je me dis que là, j’ai loupé l’occasion de faire un podium. Lolo quand à lui fait une bonne seconde manche et termine 5ème.

Finalement :

  1. Jean-Yves (ben oui encore, qu’est ce que j’y peux moi ?)
  2. Fred (qui a eu chaud aux miches)
  3. Franck (qui fait la bonne opération)

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  • Dernier jour : le combiné

Bon, il va bien falloir en terminer une quand même ! La tactique du jour c’est « A fond en géant et à fond en slalom« . Pas vraiment idéal pour terminer une course vous me direz.

Après une bonne reconnaissance avec mon poto, je m’élance dans le géant assez similaire à celui de la veille et en arrivant dans le dernier mur, j’assure davantage mes courbes pour éviter de me faire chahuter sur le dôme. En effet je ne décolle pas cette fois mais je suis moins rapide sur le plat d’arrivée. Conclusion: je termine avec le 4ème temps assez loin derrière les 3 premiers et pour ce qui est de leur reprendre du temps en slalom j’y ai déjà fait une croix dessus. Par contre je dois me méfier de Manu et Franck qui sont en embuscade à juste 7 dixièmes.

Cette fois la reconnaissance du slalom est vraiment très minutieuse. Le tracé est complètement assimilé : double - sortie gauche, triple - sortie droite, mur, banane, triple - sortie droite et gauche - sortie droite.(Je crois). Je me place au départ et m’éjecte du portillon avec à coeur de bouffer les piquets.

Après un plat pas trop mal négocié j’arrive sur la première triple et je me mets en travers complet juste devant Chouchou et François (qui immortaliseront ce moment de solitude en vidéo) qui me gueulent dessus de me battre pour rester dedans. Je parviens à repartir et le mur se passe sans trop d’encombres puis j’arrive sur le plat et j’enchaîne la triple puis la double et là … c’est un miracle qui se produit : je passe la ligne d’arrivée ! J’ai vaincu la malédiction.

En bas les gars me félicitent et certains sont même vraiment surpris de voir qu’en dual c’est possible de faire du slalom (à mon rythme bien sûr). Je fais le 5ème temps en plus ! Il n’y a que Michel qui me reprend un peu de temps mais pas suffisamment pour bouleverser le classement. Du coup je termine à la 4ème place, juste derrière un beau trio :

  1. Jean-Yves (c’est pratique avec lui : copier/coller)
  2. Yohann (trop content de terminer une course également)
  3. Fred (à qui je n’ai pas fait trop peur cette fois)

Le bilan de ces championnats de France c’est que sportivement, j’ai un peu vendangé certaines occases de bien figurer mais je suis content de voir que j’ai le potentiel d’accrocher certains coureurs mais humainement, j’ai fait de belles rencontres, j’ai vraiment sympathisé avec certains coureurs et mon duo avec Chouchou fonctionne vraiment à merveille (il commence à me connaître maintenant et sait comment je fonctionne).

Maintenant, en route, directement pour les Pyrénées espagnoles, à La Molina pour la finale de la coupe d’Europe, la dernière course FIS de la saison, qui sera une première pour moi, et où il risque d’y avoir du beau monde.

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