2.Combloux : 16 février

Un petit week-end de ski à Combloux, une très jolie station, bien enneigée par rapport à ce qu’on avait chez nous, avec Chouchou et Lolo (c’est en dessous de Chamonix, juste à côté de Megève pour tout ceux qui comme moi ne le savaient pas).

Au programme, deux super G.

Je ne sais pas pourquoi mais même si j’en avais jamais fait auparavant, l’idée de me lancer sur un tracé rapide m’excitait à l’avance et je sentais que ça pouvait être une des disciplines qui me conviendrait le mieux. Et bien j’allais être vite fixé.

Après une journée de route le vendredi avec Chouchou et Lolo, on arrive à l’hôtel après s’être arrêté à quelques kilomètres dans le nouvel atelier de Pierre Tessier, le fabricant du célèbre châssis VFC. J’en profite pour faire une révision qui s’imposait vraiment : sur tout le châssis, seule une pièce survivra à la révision (tout le reste étant tordu, va savoir pourquoi et comment ???). Pour l’amortisseur même sort : on change le ressort, plus en adéquation avec mon poids (moi, j’aurais pris du poids ?!).

cadretordu002.jpg

Je ressors ravi mais j’avoue un peu anxieux à l’idée de skier un fauteuil, tout neuf, avec de nouveaux réglages et des skis que je n’avais skiés qu’une fois.(un grand merci à François pour les skis et à Christophe d’Intersport, Chouchou et Franck Arripe pour le temps passé à monter les fixations dessus)

A l’hôtel, on retrouve avec plaisir Manu Senin, Christophe Morayie puis plus tard Delphine Le Sausse et je fais la connaissance de Sebastien Merle dit « Cali ».

Samedi matin, grand beau temps et température très froide.

Première surprise : Jean-Yves Le Meur est inscrit. Il revient de Suède avec 2 victoires en slalom et une 3ème place en géant. La pression commence à monter …Sont aussi présents d’autres membres de l’équipe de France, facilement reconnaissables à leur belle combi en peau de serpent …

Mes premières sensations une fois monté dans le bob sont bonnes : les premières courbes sont « posées », je sens que mes skis vont vite (tout le boulot de fartage qu’a fait Chouchou porte ses fruits). Je suis dossard n° 18 (normal pour l’instant j’ai encore beaucoup de points, environ 220) et du coup je partirai après les « gros »  Je pourrai donc observer leur technique de départ.

Pendant la reconnaissance, le tracé semble relativement simple, sans trop de pièges mais également assez rapide. Surtout qu’il se fait sur une piste étroite, bordée d’arbres. Certaines trajectoires devront être très précises sous peine de finir encastré dans un sapin… Trois belles courbes à 90° pour pimenter un peu le tout et une ou deux portes cachées derrière un dôme.

Ca y’est la pression est partie et a laissé place à un sentiment d’excitation à l’idée de m’élancer dans ce magnifique terrain de jeu. Dans le télésiège très long qui nous remonte, je m’imagine déjà dans le tracé, j’essaie de visualiser tous les pièges repérés quelques secondes auparavant.

Je sors du télésiège et me place avec les autres concurrents au départ. Chouchou termine la préparation de nos skis avec des farts spéciaux (des « lanceurs » pour la 1ère phase du parcours assez plate où certains risquent de rester plantés). Puis viennent les premiers départs. On arrive très vite à mon dossard.Il fait bon, le soleil tape… Je profite des dernières secondes de calme avant l’annonce du starter. « Dossard 18, quand vous voulez … »

C’est parti !

Comme j’ai dit, une première partie très plate et relativement droite pour se lancer. J’essaie de repenser à tout ce que nous a dit Chouchou : « respire bien, laisse tes skis bien à plat, pousse tes stabilos loin devant… ». Puis arrive la première vraie pente, suivie du premier « gros virage ». Les skis vont vraiment vite et le champs de vision se resserre. Les arbres se rapprochent. La porte avant le virage, je préfère me relever et freiner pour assurer ce passage. Tout se passe bien. J’essaie de lancer mes skis sur chaque portion de plat, d’être très offensif dans les passages techniques. C’est un plaisir immense ! Beaucoup de vitesse, peu de fautes dans mes lignes, les portes cachées apparaissent pile où je les attendais.Je vois l’arrivée ! Encore quelques portes et ça y est, la délivrance. J’ai tellement pris de plaisir sur ce parcours que j’ai envie de crier en arrivant en bas.

supergcombloux001.jpg  podium.jpg

Je m’approche du tableau des temps et Jean Marc Deloy me fait signe du pouce que j’ai fait une bonne perf. J’entends même « podium ». Je m’avance et en regardant les temps, j’aperçois effectivement que je suis second, derrière Franck Dhote.

J’en reviens pas … Je regarde alors Jean-Yves Le Meur qui me félicite d’un hochement de tête avec un large sourire. J’apprendrai plus tard qu’il avait fait une grosse faute au premier gros virage sur lequel j’avais décidé de freiner, d’où sa perf très moyenne. Également arrivé en bas mais derrière moi, Fred François (pas le chanteur) qui commence à vraiment cartonner cette année en coupe de France et d’Europe, mais qui a également du se mettre à la faute.

Je me dis qu’avec tout ça je risque de faire une bonne performance au niveau des points. Laurent, quant à lui, s’est fait surprendre par une porte cachée et est resté scotché sur le plat. Il terminera ce super G très déçu par sa 13ème place.

Mais pas le temps de fanfaronner pour moi car il faut déjà repartir pour le second super G. En remontant, j’essaie de me remémorer la descente, de me rappeler les difficultés. A peine arrivé en haut, le dossard 8 est déjà dans le portillon de départ !!! Vite, Chouchou mets un coups de fart sur les skis avant le départ et c’est déjà reparti.

Cette fois-ci j’ai décidé de partir plus fort, d’attaquer dans le premier virage au lieu de me relever comme dans le premier SG. Je suis beaucoup plus rapide sur la partie haute mais le bas du tracé est beaucoup moins propre. Sur certaines courbe je sens que je dérape, que mes lignes ne sont pas belles…Verdict : 4ème place. Je n’améliore même pas mon temps ! Cette fois Jean-Yves s’est montré à la hauteur de sa réputation et il calme tout le monde.

Au final je reviens de Combloux usé, surtout par la route, mais le sourire béat. Ca y’est je suis à 92 points FFH ! 14ème français !!! La 1ère série est assurée et cerise sur le gâteau, j’apprends pendant la remise des prix qu’une coupe d’Europe a lieu fin mars en Espagne, à La Molina..

Aujourd’hui je sais que j’aurais le droit d’y participer ce qui me permettra de marquer je l’espère mes premiers points FIS mais surtout de me mesurer aux meilleurs français et européens en fauteuil. Voilà, j’attends maintenant avec impatience et sans aucune pression les championnats de France à Peyragudes mi-mars. J’ai 15 jours de vacances pour m’entraîner et pour progresser. Je sens que j’ai encore une grande marge de progression donc il faut bosser encore et encore.

Une grosse pensée va vers mon cousin Richou, pompier professionel, qui a fait une énorme chute en montagne quelques jours avant notre départ et est toujours maintenu dans un coma artificiel. Gros bisous Richou, on pense très fort à toi, alors remets toi bien.

Laisser un commentaire